La chef Theresa Spence n'assistera pas à la réunion de vendredi

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Les explications de Denis Ferland

La chef de la nation d'Attawapiskat, Theresa Spence, n'assistera pas à la rencontre de vendredi entre Stephen Harper et des chefs des Premières Nations si le gouverneur général est absent.

Dans un communiqué, la chef a expliqué qu'elle avait envoyé une lettre au palais de Buckingham pour demander que le représentant de la reine soit présent à la rencontre. Elle estime que la participation du gouverneur général est indispensable pour aborder la question des traités autochtones.

Le respect des droits issus des traités est une des revendications qui l'ont menée à entamer une grève de la faim le 11 décembre.

« Ce sont ces traités faits en vertu de la Proclamation royale de 1763 qui ont permis l'établissement dans nos territoires. La légitimité du Canada est basée sur ces traités faits avec nos ancêtres », est-il écrit dans le communiqué.

« Si l'État du Canada continue de nuire et de détruire les relations en vertu des traités, quels droits a le Canada d'exister sur nos territoires? » — Communiqué d'Attawapiskat

Le bureau du gouverneur général a déjà indiqué que David Johnston ne serait pas présent vendredi, puisqu'il s'agit, selon lui, d'une réunion de travail où seront discutées des questions politiques.

Dans un communiqué publié en fin d'après-midi, la grande chef de la Nation Atikamekw, Eva Ottawa, a annoncé qu'elle s'absenterait aussi de la réunion de vendredi, « en signe de solidarité » avec Theresa Spence. « Les problèmes soulevés par les actions de la chef Spence ne sont pas uniques à sa communauté, affirme Mme Ottawa. Nous sommes solidaires de ce mouvement et nous dénonçons l'attitude du gouvernement fédéral qui vise aussi, par ses projets de réformes, à toucher l'intégrité de notre territoire, un bien précieux pour les gens de notre nation et des autres nations autochtones du pays. »

Les attentes des autochtones

Vendredi, le premier ministre Stephen Harper a accepté de s'entretenir avec une délégation de dirigeants des Premières Nations. Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, et le comité exécutif de l'Assemblée sont à Ottawa pour préparer la réunion. Ils devaient s'adresser à la presse mercredi pour énoncer leurs priorités et leurs attentes en vue de la rencontre, mais leur point de presse a finalement été reporté à jeudi.

On sait toutefois que la réunion devrait porter sur les questions des traités, des terres, des ressources et de l'économie.

Ghislain Picard

L'Assemblée des Premières Nations demeure prudente par rapport à ce qui pourrait ressortir de la rencontre. « Je ne veux pas être trop pessimiste, mais il ne faut pas s'attendre à beaucoup de la part du gouvernement » a soutenu le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard.

Pour sa part, le premier ministre Stephen Harper ne semble pas prêt à de grandes concessions. « Je sais qu'il y a de grands défis dans certaines communautés autochtones et nous continuerons, par la législation, par des rencontres [...] à identifier des façons d'avancer, de la même manière que nous voulons avancer pour tous les Canadiens : avec la création de croissance, d'emplois et de prospérité à long terme pour toutes les communautés », a-t-il déclaré mardi au cours d'une conférence de presse conjointe avec Thomas Boni Yayi, président de la République du Bénin, à la colline du Parlement.

L'avis du Rapporteur spécial de l'ONU

Par ailleurs, le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des populations autochtones, James Anaya, a demandé au gouvernement canadien et aux chefs des Premières Nations d'entreprendre le dialogue.

« Le gouvernement du Canada et les représentants des Premières Nations doivent profiter de cette occasion pour rebâtir leurs relations dans un véritable esprit de bonne foi et de partenariat. » — James Anaya, Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des populations autochtones

Le rapporteur spécial s'est dit inquiet des tensions au Canada ainsi que de l'état de santé de Mme Spence. James Anaya a soutenu qu'il continuerait de surveiller la situation tout en réitérant que le dialogue devrait procéder selon les standards de la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Avec les informations de Madeleine Blais-Morin

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