Idle No More : les Autochtones en marche partout au pays

Le reportage de François Cormier

Des Autochtones et des sympathisants à leur cause ont manifesté vendredi dans plusieurs villes du pays à l'initiative du mouvement Idle No More (« La passivité, c'est fini »). Ils cherchent à faire connaître leur opposition aux politiques du gouvernement conservateur de Stephen Harper en ce qui concerne les droits issus des traités et à la compensation pour l'utilisation des terres traditionnelles.

Les rassemblements ont commencé à l'île Victoria, territoire algonquin sur la rivière des Outaouais, en face d'Ottawa, où la chef de la communauté crie d'Attawapiskat, Theresa Spence, fait une grève de la faim depuis le 10 décembre dernier. Elle réclame une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper et le gouverneur général du Canada, David Johnston, auxquels elle a présenté une lettre ouverte demandant d'entamer une discussion nationale sur la question de la pauvreté au sein des communautés des Premières Nations.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Michèle Audette, a demandé au gouvernement Harper de tendre l'oreille aux doléances des Premières Nations. « Écoutez, M. Harper, une femme est en train de donner sa vie [...] s'il n'y a rien qui se passe dans les prochains jours. »

Le gouvernement rétorque que le ministre des Affaires indiennes, John Duncan, a accepté, la semaine dernière de rencontrer Theresa Spence.

Les manifestations se sont poursuivies en face de la colline du Parlement. Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, et des chefs autochtones de plusieurs régions du Canada étaient présents, ainsi que des politiciens de l'opposition. Les mauvaises conditions météorologiques ont entraîné du retard dans les activités et une diminution du nombre de participants.

Les Autochtones dénoncent tout particulièrement le projet de loi C-45, qui redéfinit la protection des eaux navigables et qui modifie la façon de déterminer l'utilisation des terres des réserves. L'opposition à ce projet de loi est devenue le catalyseur d'un mouvement qui, selon le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo, est une réponse à la relation « toxique » entre les autochtones et le gouvernement.

Des manifestations similaires, à l'appel d'« Idle No More  », ont eu lieu dans d'autres régions du pays, de la Colombie-Britannique jusqu'en Nouvelle-Écosse, en passant par l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba.

Blocages de routes

Dans l'Est-du-Québec, les Micmacs de Listuguj ont bloqué la route 132 dans le secteur de Pointe-à-la-Croix. La route a été complètement fermée à la hauteur de la réserve et ne devait rouvrir que samedi matin.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, une trentaine d'Innus de Mashteuiatsh ont également manifesté, à l'initiative des artistes et militants Sonia Robertson et Mikael Paul.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Toronto et à Montréal, où plus de 100 personnes se sont réunies au square Cabot, au centre-ville.

Au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, plusieurs routes étaient bloquées aussi.

Au-delà des frontières

À Londres, en Grande-Bretagne, un petit groupe s'est réuni pour une manifestation symbolique devant le palais de Buckingham. Ils entendaient ainsi faire connaître leur message à la reine Élisabeth II, officiellement la chef d'État du Canada, représentée au pays par le gouverneur général.

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