Les coupes budgétaires affecteront l'entraînement des soldats, dit Peter Devlin

Le commandant de l'Armée canadienne Peter Devlin à Ottawa en juin 2010. Le commandant de l'Armée canadienne Peter Devlin à Ottawa en juin 2010.  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Témoignant devant un comité du Sénat, lundi, le commandant de l'Armée canadienne a affirmé qu'il n'y avait plus de gras à couper au niveau administratif dans son secteur et que des restrictions budgétaires l'obligeaient à entraîner des soldats selon des standards de qualité moins élevés que durant la guerre afghane.

Le lieutenant-général Peter Devlin a notamment rappelé qu'une portion de 22 % du budget des Forces canadiennes avait été retranchée, et que lorsqu'on combine celle-ci avec le retrait de l'allocation pour la mission à Kandahar, le déficit budgétaire cumulatif est encore plus impressionnant.

Le lieutenant-général Devlin a souligné qu'une part de 74 % des effectifs de l'armée se trouve sur le terrain, contre seulement 4 % dans les quartiers généraux ou affectés à des tâches administratives parmi les 25 500 soldats à temps plein, 16 000 réservistes et 5000 rangers.

Selon des statistiques dévoilées plus tôt cette année, au point culminant de la guerre afghane en 2009-10, l'armée dépensait 123 millions de dollars pour l'entraînement, une somme comprenant une enveloppe spéciale de 79 millions de dollars attribuée spécifiquement pour l'Afghanistan.

Cette somme a glissé à 57 millions de dollars l'an dernier, et devrait s'élever à environ 46 millions de dollars en 2012.

Le lieutenant-général Devlin a précisé qu'il voulait concentrer l'argent sur ce qui est appelé l'entraînement de niveau 5, c'est-à-dire des exercices comprenant de véritables coups de feu, afin de s'assurer que les soldats demeurent prêts au combat. L'armée devra néanmoins recevoir un avis de 60 jours avant de pouvoir se déployer dans un conflit outre-mer.

Il a ajouté qu'il avait même retenu une portion du budget réservée aux infrastructures afin de s'assurer de préserver l'entraînement.