Le gouverneur général du Canada, David Johnston, a procédé à la passation du commandement des Forces canadiennes, lundi au Musée canadien de la guerre à Ottawa, tandis que l'armée fait face à de nouveaux défis.
M. Johnston a repris le commandement des mains du général Walt Natynczyk pour le remettre à son successeur, le lieutenant-général Tom Lawson, qui est ainsi devenu général. Les cérémonies protocolaires, comprenant un discours du premier ministre Stephen Harper, ont encadré la passation des pouvoirs.
Pilote de chasse dans l'armée de l'air, M. Lawson aura un mandat différent de celui de ses deux prédécesseurs qui ont dû gérer des interventions en Afghanistan et en Libye. Il devra plutôt se concentrer sur la gestion interne de ses effectifs.
Le général Lawson devra notamment gérer des réductions budgétaires tout en conservant une force opérationnelle prête à intervenir. Une éventuelle mission confiée par l'OTAN, comme celle de la Libye, se décide rapidement.
Les Forces canadiennes du futur
Les nouveaux défis des Forces canadiennes consisteront à mettre en oeuvre le rapport Leslie, qui prévoit la réorganisation de l'armée. Les propositions de ce rapport visent à réaliser des économies d'un milliard de dollars par année.
Si la réduction des dépenses administratives semble la priorité du gouvernement canadien à l'heure actuelle, d'autres virages seront vraisemblabement à venir. En effet, plusieurs réclament un examen approfondi de la politique canadienne en matière de défense.
Selon Philippe Lagassé, professeur à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, le gouvernement devra faire des choix pour orienter ses opérations dans l'avenir.
« Présentement, ce sont les acquisitions qui sont en train de guider la politique de défense canadienne, c'est-à-dire, dites ce que vous achetez et je vais vous dire ce que vous allez faire à l'avenir. »
Déjà, l'OTAN demande à ses alliés de procéder à la révision stratégique de leurs activités, ce que font actuellement la Grande-Bretagne et la France, notamment. L'Alliance espère que ses partenaires pourront mieux coordonner leurs forces lors des opérations à venir.
Mais dans son discours d'entrée en poste, le nouveau commandant a toutefois laissé entendre le contraire.
« Nous devons nous assurer que le gouvernement dispose de toutes les options militaires disponibles, selon le besoin », a lancé le général Lawson.