Scouts Canada admet des erreurs dans la gestion des cas d'agressions sexuelles

Steve Kent, commissaire en chef de Scouts Canada, lors d'une conférence de presse à Ottawa, le 25 juin 2012

À la suite d'un examen indépendant sur son organisation, le commissaire en chef de Scouts Canada reconnaît certaines erreurs dans la gestion passée des cas d'agressions sexuelles sur des enfants et des jeunes gens.

Steve Kent admet que l'organisation jeunesse n'a pas géré « avec la rigueur nécessaire » certains cas, mais il ajoute que le rapport n'identifie aucune intention systémique de les dissimuler.

Scouts Canada publiait lundi les résultats d'un examen médico-légal, réalisé par le cabinet-conseil KPMG, de tous les dossiers de suspension ou de renvoi de dirigeants scouts en lien avec des affaires d'agressions sexuelles, au cours des 60 dernières années.

M. Kent révèle que, dans au moins 65 cas, le personnel ou les bénévoles des scouts n'auraient pas alerté les autorités à propos d'allégations d'agressions sexuelles.

Le rapport démontre également que dans 73 % des dossiers, les autorités avaient été mises au courant par Scouts Canada, ou autrement, les autorités en avertissaient l'organisation. Un chiffre dont le commissaire en chef de Scouts Canada n'est pas « particulièrement fier », a-t-il avoué lors d'une conférence de presse à Ottawa.

Un registre secret

Les journalistes de CBC ont découvert à l'automne 2011 que Scouts Canada tenait depuis des années un registre secret d'hommes expulsés de l'organisation ou soupçonnés d'agression sexuelle dans ses rangs.

L'enquête de l'émission Fifth Estate révélait entre autres que des clauses de confidentialité faisaient partie d'une douzaine d'accords à l'amiable conclus, depuis 1995, par Scouts Canada avec des jeunes victimes d'agression sexuelle.

En décembre 2011, Scouts Canada avait présenté des excuses à tous ses anciens membres qui auraient été victimes d'agressions sexuelles.

« Lorsque les politiques de protection de la jeunesse de notre organisation ont été récemment remises en cause, Scouts Canada a adopté une approche honnête, ouverte et transparente afin de confronter à la fois le bon et le mauvais de son histoire », a déclaré l'organisation dans un communiqué publié lundi.

Lundi, Scouts Canada a également dévoilé une mise à jour de sa politique sur la sécurité des enfants et des jeunes. Le plan comprend plusieurs mesures portant sur l'intimidation, les alertes en cas de mauvais traitements et le filtrage de bénévoles.

L'examen des 486 dossiers de KPMG, qui s'étendent sur 64 ans, de 1947 à 2011, a duré sept mois et s'est concentré sur les cinq critères suivant : la gestion des dossiers, la gouvernance, la communication avec les autorités, les suspensions et les renvois, et autres observations.