L'ancien colonel Russell Williams à sa sortie de la cour de Belleville, en Ontario, en octobre 2010 (archives)
Photo : PC/Nathan Denette
L'ancien colonel des Forces canadiennes Russell Williams, condamné à l'emprisonnement à perpétuité pour deux meurtres, présente sa défense dans une poursuite de 7,3 millions de dollars intentée par une de ses victimes d'agression sexuelle.
Laurie Massicotte, qui prétend que l'agression commise par l'ancien colonel l'a poussée vers l'alcool et la dépression, doit désormais prouver ses dires.
Dans les documents de la cour, Russell Williams admet être entré par infraction chez elle et l'avoir agressée le 30 septembre 2009, mais il nie « avoir eu connaissance » des conséquences à long terme de son attaque.
M. Williams purge une peine de prison à vie, après avoir été condamné pour les meurtres de la caporale Marie-France Comeau et de Jessica Lloyd en 2009 et 2010. Il a également été reconnu coupable pour des dizaines d'introductions par effraction à Ottawa et à Tweed, en Ontario, et pour des agressions sexuelles sur Laurie Massicotte, son ancienne voisine, et une autre femme, surnommée anonymement Jane Doe. Le vrai nom de cette dernière est protégé en vertu d'un interdit de publication.
Laurie Massicotte, l'une des victimes de Russell Williams
Les familles de Jessica Lloyd, Laurie Massicotte et Jane Doe poursuivent toutes Russell Williams et son ex-femme, Elizabeth Harriman.
Toutefois, alors que les familles de Jane Doe et de Jessica Lloyd négocient désormais dans les coulisses pour régler leurs réclamations financières, Laurie Massicotte affirme ne pas vouloir participer à de telles négociations.
Mme Massicotte, qui ne dispose d'aucun avocat pour le moment, réclame également des dommages de la police et de la Couronne, qui, selon elles, ont omis de l'alerter à temps sur les introductions par effraction commises par Russell Williams dans sa communauté.
Dans sa déclaration, Mme Massicotte allègue que Williams aurait frauduleusement transféré des biens à sa femme après avoir fait l'objet d'accusations en cour criminelle.
En entrevue à CBC, Laurie Massicotte a affirmé que les avocats d'Elizabeth Harriman lui ont offert de régler sa réclamation en échange de 75 000 $ et un engagement qu'elle laisserait tomber ses poursuites contre la police, ce qu'elle a refusé.