Des autochtones ont manifesté au début du mois à Edmonton pour protester contre le projet de pipeline Northern Gateway.
Photo : Sylvain Bascaron
Les peuples autochtones du Canada, et particulièrement les femmes, sont confrontés à des « violations persistantes et systématiques de leurs droits », affirme Amnistie internationale dans son rapport annuel 2012.
L'organisation de défense des droits de la personne épingle aussi Ottawa pour ses politiques en matière de droits des réfugiés et des migrants, de protection des Canadiens à l'étranger, et pour son approche répressive face aux mouvements de contestation.
Selon la directrice générale de la section Canada francophone de l'organisation, Béatrice Vaugrante, « des réformes sont nécessaires » pour corriger le tir dans ces domaines.
En ce qui concerne les droits des autochtones, Amnistie internationale soulève plusieurs dossiers préoccupants, dont :
Au sujet des droits des femmes, Amnistie internationale s'inquiète aussi de l'enquête qui a été ouverte en Colombie-Britannique au sujet des femmes disparues et assassinées à Vancouver (l'affaire Pickton). L'organisation note que 17 des 20 organisations qui avaient obtenu le statut d'intervenant se sont retirées parce qu'elles doutent de l'impartialité de l'enquête.
En matière de lutte contre le terrorisme et de maintien de l'ordre, Amnistie internationale soutient que des « avancées limitées » ont eu lieu dans certains dossiers. Elle souligne notamment que :
L'organisation déplore en outre qu'Abdullah Almalki, un citoyen canadien emprisonné et torturé en Syrie entre 2002 et 2004, n'ait reçu ni excuse ni indemnisation de la part du gouvernement, malgré le fait que des éléments rendus publics l'automne dernier ont révélé que la Gendarmerie royale du Canada « ne disposait d'aucune information le liant à des activités criminelles [...] lorsqu'elle a communiqué des renseignements aux autorités syriennes ».
Le rapport d'Aministie internationale dénonce aussi que :
« Ici, comme dans le reste du monde, la population qui descend dans la rue ou les groupes qui critiquent les décisions gouvernementales voient leur légitimité contestée », souligne Béatrice Vaugrante.