Ottawa reçoit une demande américaine pour le transfert d'Omar Khadr

Omar Khadr Le citoyen canadien Omar Khadr toujours en prison à Guantanamo

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, a reçu une demande formelle des États-Unis en vue du transfert du Canadien Omar Khadr, détenu dans la prison de Guantanamo depuis 10 ans.

Un porte-parole du ministre Toews a indiqué que le gouvernement fédéral étudiait la décision à prendre « conformément à la loi canadienne ».

Ottawa pourrait bloquer le retour d'Omar Khadr s'il estime qu'il présente un risque pour la sécurité des Canadiens. Selon une source, Washington aurait présenté la demande de transfert comme une faveur diplomatique.

En vertu d'une négociation de plaidoyer conclue en octobre dernier, Khadr est admissible à un tel transfert, mais le processus, s'il est enclenché, pourrait prendre plusieurs mois.

L'éventualité de ce transfert avait déjà été évoquée à la fin mars.

Les États-Unis sont pressés de voir ce prisonnier encombrant rentrer chez lui. Les autorités américaines seraient d'ailleurs prêtes, pour ce faire, à payer les frais du rapatriement de Khadr.

L'homme de 25 ans, natif de Toronto, a plaidé coupable à cinq accusations de crime de guerre portées contre lui par la justice militaire américaine. En échange, le citoyen canadien a été condamné à huit ans de prison, dont une année à purger dans la prison de Guantanamo, et le reste, au Canada.

Le gouvernement conservateur, qui a toujours refusé de réclamer le rapatriement du jeune Torontois, a nuancé sa position au cours des dernières années. Dans une note datée d'octobre 2010, l'ambassade canadienne aux États-Unis se disait « encline à considérer favorablement » une éventuelle demande d'Omar Khadr.

En janvier 2010, la Cour suprême statuait que le Canada avait « porté atteinte aux droits, à la liberté et à la sécurité » d'Omar Khadr garantis par la Charte, mais n'ordonnait pas son rapatriement.