Nucléaire iranien : Harper prône la diplomatie et rappelle le droit d'Israël à la sécurité

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne, CBC, Postmedia News et New York Times
Le premier ministre Harper a reçu son homologue israélien, Benyamin Nétanyahou, vendredi à Ottawa. Le premier ministre Harper a reçu son homologue israélien Benyamin Nétanyahou vendredi à Ottawa.  Photo :  PC/Sean Kilpatrick

Aux côtés de son homologue israélien, Stephen Harper a affirmé que son gouvernement « continuera de faire pression sur le régime iranien pour qu'il renonce à son programme d'armes nucléaires, permette l'inspection de tous les sites nucléaires et se conforme aux résolutions des Nations unies »

Le premier ministre Stephen Harper s'est exprimé ainsi, vendredi, à Ottawa, dans une conférence de presse donnée au terme d'une discussion avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Le premier ministre Harper répondait à la question d'un journaliste qui voulait savoir si le Canada avait donné le feu vert à Israël pour mener une attaque contre les installations nucléaires iraniennes.

Stephen Harper a également déclaré que le Canada continuerait de « reconnaître le droit d'Israël d'exister en tant qu'État juif » dans la paix et la sécurité, et d'oeuvrer à « l'établissement d'une paix complète, juste et durable ». Il a en outre souligné qu'Israël avait le droit de se défendre.

M. Nétanyahou effectue une brève visite au Canada avant de se rendre aux États-Unis, où il rencontrera le président Barack Obama, lundi, à la Maison-Blanche. Accueilli par le ministre des Affaires étrangères, John Baird, à l'aéroport d'Ottawa, le premier ministre israélien a rencontré M. Harper en fin de matinée au Parlement.

En conférence de presse, M. Nétanyahou a affirmé que l'Iran travaille « sans relâche » à se doter de l'arme nucléaire. Il a avancé que la volonté de la République islamique de reprendre les négociations sur le nucléaire était « un piège » et a invité la communauté internationale à ne pas se laisser berner. L'Iran, dit-il, en profiterait pour gagner du temps et tromper le monde.

Le premier ministre israélien reconnaît que « tout le monde est à la recherche d'une solution pacifique » dans ce dossier. Pour y parvenir, la communauté internationale doit répondre à trois critères : démanteler le site d'enrichissement situé près de Qom, arrêter l'enrichissement de l'uranium et faire sortir du pays tout le combustible nucléaire enrichi à plus de 3,5 %.

M. Harper a également profité de l'occasion pour souligner que le Canada continuerait, de concert avec la communauté internationale, à faire pression sur le régime syrien pour qu'il cesse de tuer ses propres citoyens. Le premier ministre Nétanyahou, dont le pays reste techniquement en guerre avec la Syrie, a ajouté que « toutes les nations décentes » devraient condamner le « massacre » commis par le régime.

Benyamin Nétanyahou devait aussi rencontrer le gouverneur général, David Johnston, à Rideau Hall.

Une attaque préventive contre l'Iran?

Depuis plusieurs mois maintenant, le gouvernement israélien du premier ministre Nétanyahou laisse entendre qu'il pourrait frapper l'Iran de façon préventive, afin de l'empêcher de développer l'arme nucléaire.

Le gouvernement Harper, qui clame que son gouvernement est le « meilleur ami » d'Israël, n'hésite pas à dépeindre la République islamique comme « particulièrement dangereuse », comme il l'a fait en janvier dans une entrevue accordée à la CBC.

« À mon avis, ce sont des gens qui ont une vision du monde fanatiquement religieuse, et leurs déclarations me laissent supposer qu'ils n'hésiteront pas à utiliser des armes nucléaires s'ils croient que ça leur permettra d'atteindre leurs objectifs religieux et politiques », avait-il dit à Peter Mansbridge.

Dans une entrevue à la chaîne Postmedia, le mois dernier, le premier ministre a répété que le régime iranien « ne veut pas seulement obtenir l'arme nucléaire », mais qu'il aura « beaucoup moins peur de les utiliser » que les autres puissances nucléaires.

Des analystes politiques estiment que la visite du premier ministre Nétanyahou au Canada s'explique par le fait qu'il cherche à obtenir un appui solide du gouvernement canadien avant de s'envoler pour Washington.

Jonathan Rynhold, de l'Université Bar Ilam, à Tel-Aviv, est de cet avis. « Le Canada sous Stephen Harper est probablement le gouvernement le plus pro-Israël du monde. Le premier ministre de l'État hébreu voulait reconnaître cela », estime-t-il.

Selon lui, Benyamin Nétanyahou cherche en fait à envoyer un message au président Obama avant d'arriver aux États-Unis. Il espère que le premier ministre canadien « enverra un message fort sur la nécessité de confronter le programme nucléaire iranien pour l'empêcher de produire des armes nucléaires », dit-il.

Le Parlement canadien est encerclé par des clôtures de sécurité en vue de la visite du premier ministre Nétanyahou. L'affaire donne lieu à un important déploiement policier. Des militants pour la paix prévoient aller manifester ce midi. Tous seront fouillés. Le Parlement canadien est encerclé par des clôtures de sécurité en vue de la visite du premier ministre Nétanyahou. L'affaire donne lieu à un important déploiement policier. Des militants pour la paix prévoient aller manifester ce midi. Tous seront fouillés.

Avant que M. Harper rencontre M. Nétanyahou, le chef intérimaire du deuxième groupe d'opposition au Parlement, le libéral Bob Rae, avait invité le premier ministre canadien à « bien refléter l'opinion publique canadienne » dans ses discussions avec le premier ministre Nétanyahou au sujet de l'Iran.

« Nous voulons un Canada qui est médiateur, un Canada qui, oui, est un bon ami d'Israël, mais aussi un bon ami de tous ceux qui cherchent la paix au Moyen-Orient », a-t-il dit. La question du nucléaire iranien, a-t-il dit, n'est pas un dossier bilatéral, mais multilatéral.

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