La Cour suprême du Canada, à Ottawa
Photo : PC/Adrian Wyld
Le gouvernement Harper a proposé les candidatures des juges Andromache Karakatsanis et Michael J. Moldaver, un unilingue anglophone, pour siéger à la Cour suprême du Canada.
Tous deux de la Cour d'appel de l'Ontario, ils succéderont aux juges Louise Charron et Ian Binnie, également de l'Ontario, qui ont annoncé leur démission au printemps.
Mme Karakatsanis maîtrise les deux langues officielles, en plus de parler le grec. Elle est d'ailleurs la première Canadienne d'origine grecque à être nommée au plus haut tribunal du pays.
Les deux candidats devront se présenter devant un comité parlementaire spécial le 19 octobre prochain, avant que leur nomination ne prenne effet. Les députés ne pourront toutefois pas opposer leur veto à la décision.
Le choix d'un juge unilingue dérange
Le NPD a déploré qu'un des deux nouveaux juges soit un unilingue anglophone. Le député Yvon Godin trouve « regrettable » que le premier ministre n'ait pas choisi deux juges bilingues. Le député d'Acadie-Bathurst, au Nouveau-Brunswick, avait déposé un projet de loi exigeant que les juges de la Cour suprême comprennent l'anglais et le français sans l'aide d'un interprète, mais son initiative a été bloquée au Sénat.
Le député libéral Bob Rae s'est montré plus nuancé.
Professeur de droit à l'Université d'Ottawa, Sébastien Grammond estime qu'il s'agit d'un recul au plan du bilinguisme. Les deux juges qui quittent la Cour suprême, Louise Charron et Ian Binnie, étaient bilingues, souligne-t-il. Sébastien Grammond rappelle qu'en 2006, Stephen Harper a nommé le juge Marshall Rothstein, un unilingue anglophone. Deux juges de la Cour suprême ne maîtriseront donc pas le français.
Un choix approuvé par le NPD et le PLC
Cependant, le NPD et le Parti libéral avaient tous deux endossé les candidatures des juges Karakatsanis et Moldaver. Les deux candidats choisis par le gouvernement ont été tirés d'une liste de six candidats, tous approuvés à l'unanimité par un comité d'évaluation formé de cinq députés, dont un néo-démocrate et un libéral.
Ces six candidats avaient au préalable été tirés d'un répertoire constitué par le ministre de la Justice du Canada, après consultations avec le procureur général de l'Ontario, des membres éminents de la communauté judiciaire et des organisations juridiques réputées.
Les juges Andromache Karakatsanis et Michael J. Moldaver