La Congrégation des frères de Sainte-Croix accepte de dédommager financièrement d'anciens élèves qui ont été agressés sexuellement par certains de ses membres il y a plus de 30 ans à Montréal. Une entente vient d'être conclue entre un regroupement de victimes et la communauté religieuse.
Dix-huit millions de dollars. C'est la somme que les frères de Sainte-Croix vont verser aux élèves qui ont été agressés sexuellement par des membres de leur congrégation entre les années 1950 et 1990, notamment au Collège Notre-Dame.
Selon l'avocat des victimes, Alain Arsenault, il s'agit d'une entente financière unique en son genre.
Ce sont les révélations du quotidien The Gazette, en 2008, puis celles de l'émission Enquête, à l'automne 2010, qui ont mis en lumière les multiples sévices infligés par des frères de Sainte-Croix et le silence des responsables de la communauté à ce sujet. Sébastien Richard, une des victimes, croit d'ailleurs que ce sont les médias qui ont joué un rôle déterminant.
L'entente entre les deux parties établit une grille détaillée des types de sévices sexuels perpétrés et une autre des préjudices subis par les victimes. Le montant des indemnisations - qui varieront entre 10 000 et 250 000 $ - sera ensuite déterminé par un arbitre en fonction de la gravité des cas et de la fréquence des agressions.
Chacune des victimes recevra une lettre d'excuses officielle. Ce sera la toute première fois que les frères de Sainte-Croix reconnaîtront ouvertement que des enfants sous leur protection ont souffert et que ces agressions n'auraient jamais dû se produire.
La direction du Collège Notre-Dame satisfaite de l'entente
Dans un communiqué publié jeudi midi, le directeur général du Collège Notre-Dame, Lotfi Tazi, déclare que le conseil d'administration de l'établissement, la direction et le personnel du collège « se réjouissent de l'entente de règlement qu'a conclue la Congrégation de Sainte-Croix avec les représentantsd'étudiants victimes d'agression sexuelle ».
Lotfi Tazi ajoute que le Collège Notre-Dame condamne, comme il l'a toujours fait, toute forme d'agression autant physique que psychologique sur des personnes mineures.
Le directeur de l'établissement ajoute que la Congrégation de Sainte-Croix assumera en totalité les frais de représentation par un avocat et les indemnités qui seront versées aux victimes.
D'après le reportage de Normand Grondin