La présidence du mégaprocès des Hells par le juge Brunton suscite des avis partagés

Le juge James Brunton (archives) Le juge James Brunton (archives)

Les avis au sein du monde juridique québécois sont divisés au lendemain des révélations de Radio-Canada sur les liens entre l'entreprise de construction du gendre du juge James Brunton et le chef des Hells Angels, Normand Ouimet.

Deux camps émergent : l'un qui ne voit aucun problème à ce que le juge Brunton continue à présider le procès découlant de l'opération SharQc - le plus gros procès de motards criminels de l'histoire québécoise - et l'autre, qui s'y oppose.

Rappelons que Louis-Philippe Brosseau, le conjoint de la fille du juge Brunton, a été associé dans une entreprise d'échafaudage qui a fait affaire avec Normand Casper Ouimet. Or, celui-ci doit justement être jugé par le juge James Brunton.

Au-delà des opinions sur l'avenir du juge Brunton à la tête du mégaprocès, un malaise est palpable chez tous les intervenants du système judiciaire contactés mardi par Radio-Canada.

Certains avocats, dont quelques-uns qui représentent des accusés dans l'opération SharQc, trouvent qu'il s'agit d'une situation extrêmement inconfortable pour le juge quand il aura à prendre des décisions concernant Normand Ouimet. Ils vont jusqu'à affirmer que James Brunton n'aura d'autre choix que de se récuser.

De l'autre côté, on trouve ceux qui estiment que le juge a agi correctement lorsque les allégations ont fait surface au début de l'été sur Internet.

Daniel Rock, un avocat criminaliste qui défend un client dans l'opération SharQc, s'est dit satisfait de la décision du juge en chef de la Cour supérieure, François Rolland, de consulter le conseil de la magistrature sur la question, une instance qu'il juge fiable.

Le juge James Brunton doit présider à nouveau le procès lundi, moment auquel il devrait prononcer une déclaration, estiment certaines des personnes contactées par Radio-Canada.

En mai dernier, le magistrat a décrété un arrêt des procédures sur tous les chefs d'accusation de trafic de stupéfiants et de gangstérisme, et ordonné la libération des 31 accusés visés par ces accusations, estimant que le système judiciaire n'avait pas la capacité de prendre en charge tous les dossiers découlant des 155 arrestations.

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