La stratégie énergétique pancanadienne inquiète Québec

La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau   © PC/Jacques Boissinot

La conférence annuelle des ministres des Ressources naturelles qui s'ouvre samedi en Alberta devrait être l'occasion pour le ministre fédéral Joe Oliver de faire la promotion de sa stratégie énergétique pancanadienne.

Déjà, vendredi, dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce de Calgary, Joe Oliver a indiqué qu'une telle stratégie était nécessaire pour faire du Canada une superpuissance énergétique.

L'approche privilégiée par Ottawa inquiète Québec. Dans une entrevue à la Presse Canadienne, la ministre Nathalie Normandeau a dit craindre qu'Ottawa n'use de cette stratégie pour tenter de dicter ses choix au Québec.

La ministre québécoise des Ressources naturelles, qui rencontrera lundi ses homologues provinciaux et fédéral à Kananaskis lundi, promet de s'opposer à toute tentative d'Ottawa d'empiéter sur les compétences provinciales.

« Notre crainte, c'est de voir éventuellement le fédéral dicter les choix énergétiques des provinces et, dans le fond, diriger le financement en fonction de son propre agenda. » — Nathalie Normandeau

Mme Normandeau soupçonne notamment Ottawa de vouloir légitimer, par sa stratégie, son financement de la ligne de transport hydroélectrique de Terre-Neuve destinée à l'exportation.

« Il n'est pas question que l'impôt des Québécois qu'on verse au gouvernement fédéral serve à financer une ligne de transport du côté de Terre-Neuve, ligne de transport qui va faire en sorte qu'on va vivre une concurrence déloyale de la part de Terre-Neuve sur le marché américain », fait valoir Mme Normandeau, qui rappelle que le Québec a financé lui-même, sans l'aide du fédéral, ses propres infrastructures hydroélectriques.

Le ministre fédéral Joe Oliver promet que cette stratégie se fera avec la collaboration des gouvernements provinciaux et territoriaux. Il croit qu'elle permettra d'exploiter davantage les ressources naturelles du Canada, comme les sables bitumineux, en simplifiant les processus.

« On pense que c'est un premier pas vers une stratégie encore plus centralisée », soutient Mme Normandeau, qui dit ne pas être « dupe ».