![]() En profondeur Québec se prépare au retrait des eaux dans la vallée du Richelieu Mise à jour le mercredi 11 mai 2011 à 14 h 17 Québec se prépare au retrait des eaux dans la vallée du Richelieu
Le ministre québécois de la Sécurité publique, Robert Dutil, a annoncé mardi matin la mise sur pied d'une équipe multidisciplinaire pour assister les sinistrés qui rentreront chez eux après le retrait des eaux dans les zones inondées de la vallée du Richelieu. Pendant ce temps, des équipes de la sécurité civile parcourent les zones résidentielles inondées pour informer les sinistrés des ressources (financières, psychologiques, etc.) mises à leur disposition par le gouvernement du Québec. Une tâche énorme attend les sinistrés de ces inondations qui sévissent depuis maintenant plus de deux semaines dans une vingtaine de villes situées entre le lac Champlain et Beloeil. Plus de 3000 résidences sont envahies par les eaux sur une zone d'une cinquantaine de kilomètres. De nombreuses maisons durement touchées devront être complètement démolies. État des routes
Une aide gouvernementale accrue Lundi, le ministre Dutil a demandé au conseil des ministres d'accroître l'aide prévue pour les milliers de sinistrés (voir encadré) de ces inondations d'une ampleur historique dans cette partie de la Montérégie. L'une de ces mesures prévoit notamment l'augmentation à 150 000 $ du montant accordé par Québec à chaque foyer pour compenser les dégâts et les pertes. Seuls les biens jugés « essentiels » par Québec sont couverts par ce programme. Une partie importante des dégâts subis par les propriétaires des maisons inondées ne seront donc pas couverts par Québec. Qui plus est, la majorité des assureurs privés ne dédommagent pas les personnes victimes d'une inondation. Le niveau de l'eau continue de baisser sur les rives du Richelieu, où les flots reculent d'environ 4 à 5 centimètres par jour. Il devra cependant descendre d'encore un mètre avant que la rivière ne réintègre son lit.
De l'aide pour les agriculteurs Mardi en après-midi, lors d'un point de presse tenu à Sainte-Anne-de-Sabrevois, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil, a survolé la région pour constater l'ampleur des dégâts puis il a fait une allocution dans laquelle il a parlé de l'impact des inondations sur l'agriculture. La zone sinistrée figure parmi les régions les plus importantes au Québec sur le plan de l'agriculture et le ministre, reconnaissant que les problèmes varient d'une ferme à l'autre, parle de « solutions sur mesure », au « cas par cas ». Ainsi, il a demandé à la Financière agricole si elle pouvait aider les fermiers sinistrés en assouplissant ses règles, notamment en matière de prêts, ce qui devrait être fait au cours des prochains jours. Il a profité de l'occasion pour rappeler l'importance de la sécurité quant à l'approvisionnement en eau et aux aliments. Le ministre affirme que ce n'est qu'au cours des prochaines semaines qu'il sera possible de déterminer les surfaces qui ne pourront pas être semées cette année. Le ministère estime à 4000 le nombre d'hectares qui ont été touchés et qui sont ainsi « menacés ». Néanmoins, la priorité consiste en ce moment à sécuriser les installations et le bétail. Pour l'instant, même avec les dédommagements de la Financière agricole, les agriculteurs devront essuyer des pertes importantes. Les assurés n'ayant pas pu semer pourront recevoir entre 250 et 300 $ l'hectare, ce qui est dans plusieurs cas très inférieur aux revenus qu'ils auraient pu tirer de la récolte. Des discussions sont en cours avec des ministères provinciaux, dont la Sécurité publique, pour tenter de trouver d'autres moyens d'indemniser les producteurs agricoles. Par ailleurs, des agriculteurs souhaiteraient bénéficier du programme d'aide Agri-relance, d'Agriculture Canada, qui a déjà été utilisé dans des situations semblables dans le passé. Ottawa n'aurait pas fermé la porte à cette idée, mais aucune décision n'a encore été prise. La décrue et son lot d'inconvénients Sur la terre ferme, les autorités préparent activement la phase de rétablissement. « Nous sommes conscients que le retrait progressif des eaux va amener de nouvelles problématiques comme la salubrité des lieux, la qualité des aliments ainsi que le nettoyage », expliquait lundi Yvan Leroux, coordonnateur de l'Organisation régionale de la sécurité civile de la Montérégie. Les citoyens recevront des consignes à suivre selon les situations pour que leurs requêtes soient traitées avec efficacité par les services et départements appropriés, a expliqué M. Leroux. Les consignes porteront notamment sur l'évaluation des dommages et les problèmes de moisissures qui surgiront. Il y aura beaucoup à faire également pour la désinfection des puits. Yvan Leroux a rappelé que des rencontres publiques sur le programme d'aide financière auraient lieu cette semaine. Des rencontres individuelles seront organisées avec les sinistrés et des chèques seront distribués dans les 48 heures, a précisé le coordonnateur l'Organisation régionale de la sécurité civile de la Montérégie. Bonification de l'aide de Québec Pendant ce temps, plus de 800 militaires sont toujours à pied d'oeuvre dans la vallée du Richelieu pour venir en aide aux autorités et aux citoyens. La Sûreté du Québec ne rapporte pas d'activités de pillage ni d'arrestations dans les zones inondées. Ailleurs au Québec, le niveau des cours d'eau baisse graduellement en Mauricie, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Gaspésie, mais des dizaines de personnes évacuées ne peuvent toujours pas rentrer chez elles.
Le Manitoba aussi aux prises avec de graves inondations Au Manitoba, environ 200 militaires seront déployés en aval de la ville de Brandon, où l'état d'urgence a été décrété dimanche. Le niveau de la rivière Assiniboine a monté de plus de 60 centimètres pendant la fin de semaine en raison des fortes pluies qui se sont abattues sur la région. Dans le secteur de la rivière La Salle, à l'est de Portage-la-Prairie et au sud du chemin de fer transcanadien, la pression des eaux est si forte que les autorités ouvriront volontairement des brèches dans les digues. Ce qui inondera une zone de 225 kilomètres carrés et environ 150 maisons supplémentaires.
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Le reportage de Dorothée Giroux
Yvan Côté s'est rendu sur place.
Une unité d'intervention a été mise sur pied pour les sinistrés en Montérégie, comme l'explique Maxime Cloutier.
Marie-Christine Valois fait le point sur le retour des gens chez eux.
Les sinistrés devront attendre encore avant de rentrer chez eux, rapporte Karine Bastien.
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