Inondations en Montérégie : l'armée à l'oeuvre, Charest sur le terrain

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TJ 21 h : La pluie n'est pas la seule fautive dans les inondations en Montérégie; entrevue avec François Brissette, ingénieur hydrologue à l'ETS.

Les Forces canadiennes sont arrivées dans les zones inondées de la Montérégie pour soutenir les autorités locales. Quelque 650 militaires de la base de Valcartier prêtent main-forte aux milliers de personnes qui tentent de limiter les dégâts causés par les pires inondations à survenir dans la vallée de la rivière Richelieu et aux abords du lac Champlain depuis 150 ans.

Plus de 3000 résidences ont été inondées jusqu'à maintenant.


La crue des eaux, causée par de fortes pluies qui s'abattent sur le sud du Québec depuis plusieurs jours, a fait augmenter d'un mètre le niveau de l'eau sur 50 kilomètres au sud de la rivière Richelieu. Et on prévoit qu'il augmentera encore de 15 à 20 centimètres d'ici la fin de semaine, a indiqué jeudi le ministre des Ressources naturelles du Canada, Christian Paradis.

Jean Charest sur le terrain

Le premier ministre Jean Charest, qui a demandé l'intervention des troupes mercredi, est venu sur les lieux constater l'ampleur des dégâts.

Lors d'un bref point de presse, jeudi, il a fait remarquer que la Montérégie, bien qu'habituée aux crues printanières, est frappée par des inondations d'une étendue et d'une durée sans précédent.

« Depuis les inondations du Saguenay, c'est probablement la catastrophe la plus importante qu'on a vécue au Québec. » — Jean Charest
Jean Charest en visite à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 5 mai 2011 Jean Charest en visite à Saint-Jean-sur-Richelieu, le 5 mai 2011  Photo :  PC/Ryan Remiorz

M. Charest a averti les habitants de la région que l'eau devrait continuer à monter au cours des prochains jours et qu'en conséquence, l'opération engagée par les autorités sur le terrain durera plusieurs jours, voire des semaines.

Questionné sur le temps que Québec a mis à faire appel à l'armée, le premier ministre a fait valoir que son renfort devenait nécessaire parce que la situation perdure et que les résidents et les autorités municipales sont essoufflés, ce qui n'est pas toujours le cas.

Il a par ailleurs admis que le programme d'aide aux sinistrés ne réussira pas à compenser toutes les pertes subies. Il a rappelé que Québec offrira aux foyers touchés 75 % de la valeur de leurs biens essentiels, jusqu'à concurrence de 100 000 $.

« On ne peut tout compenser, mais on va faire l'effort maximum pour aider d'abord les individus, mais aussi les municipalités et les infrastructures. » — Jean Charest


Des milliers de résidences inondées

Les villes de Venise-en-Québec, Noyan, Saint-Jean-sur-Richelieu, Henryville, Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix et Sainte-Anne-de-Sabrevois sont parmi les plus touchées par les crues. Des centaines de personnes y ont été évacuées.

Le niveau de la rivière Richelieu, gonflée par les précipitations, continue de monter et l'alerte d'inondation a été étendue à toute la longueur du cours d'eau, de Sorel au lac Champlain.

Centres d'accueil temporaires

À Saint-Jean-sur-Richelieu, deux centres d'accueil viennent en aide aux sinistrés, qui peuvent s'y rendre pour manger ou se laver.

Les évacuations obligatoires n'ont pas encore été décrétées, mais elles pourraient l'être plus tard. Les pompiers continuent de faire du porte-à-porte pour inciter les sinistrés à évacuer leur domicile.

D'autre part, la forte pluie qui tombe sur l'Estrie n'a pas, pour le moment du moins, fait de grands dégâts dans la région. Par contre, les autorités sont sur le qui-vive et s'attendent au pire si les précipitations continuent.

Des agriculteurs inquiets

L'inquiétude est également très vive chez les agriculteurs des quelque 500 fermes qui font la culture du grain dans les régions inondées, où 20 à 40 % des terres sont submergées.

Près du tiers des fermes se spécialisent dans la culture du maïs pour nourrir les porcs, et environ 22 % produisent du lait.

L'ensemencement, qui devrait déjà avoir été entrepris, a été repoussé, et un plan d'évacuation des troupeaux a été établi.

Alertes aux inondations dans l'est du Québec

Jusqu'à 60 millimètres de pluie sont attendus d'ici vendredi sur les régions de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le niveau élevé de plusieurs rivières préoccupe la direction régionale de la Sécurité civile.

Sur ce sujet, lire notre page des archives (juillet 2000): Quatre ans après les inondations de 1996 au Saguenay.

Dans la région de Québec, les rivières Saint-Charles, Nelson et Huron sont aussi sorties de leur lit sans toutefois causer trop de dégâts pour le moment.

Des alertes aux inondations ont aussi été lancées en Gaspésie, où les rivières Matane et Matapédia menacent de déborder. En Beauce, la rivière Chaudière est aussi visée par des avertissements de forte crue. Elle serait déjà sortie de son lit à Sainte-Marie et à Saint-Joseph-de-Beauce.

La situation, déjà critique dans plusieurs régions de la province, pourrait se détériorer rapidement au cours des prochains jours en raison des pluies soutenues qui doivent s'abattre sur le Québec jusqu'au week-end.

Des inquiétudes aussi ailleurs au pays

Les autorités invitent les riverains à la prudence dans la vallée du fleuve Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, car le niveau d'eau peut atteindre ou excéder le seuil d'inondation vendredi.

La rivière Rouge a atteint son niveau maximal mercredi à Winnipeg. La rivière Rouge a atteint son niveau maximal mercredi à Winnipeg.  Photo :  John Bronevitch/CBC

Mais c'est surtout du côté du Manitoba que la situation est inquiétante. La rivière Rouge est arrivée à son niveau maximal mercredi à Winnipeg et le niveau maximal de la rivière Assiniboine est sur le point d'être atteint.

Pour l'instant, les digues de sacs de sable et autres préparatifs aux inondations permettent d'éviter les dommages.

Nous suivons étroitement la situation dans ce secteur également.

En complément

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