Les régions côtières pauvres plus à risque

Bateaux de pêche

Les Canadiens vivant dans des régions à faibles revenus des côtes est et ouest sont jusqu'à trois fois plus à risque de souffrir de maladies chroniques et de problèmes de santé mentale que les Canadiens des autres régions, selon une nouvelle étude.

Les résultats de cette enquête conduisent à penser que les personnes qui habitent des quartiers défavorisés de la côte de l'Atlantique ont 20 % plus de risques d'avoir des problèmes de santé. Cette proportion bondit à 30 % sur la côte du Pacifique, soit plus du double des taux constatés dans les Prairies et dans le centre du pays.

Heather White, chercheuse à l'hôpital St.Michael de Toronto, qui a mené l'étude, a expliqué qu'il était admis depuis longtemps que les résidants de quartiers défavorisés étaient en moins bonne santé. Mais sa recherche démontre que les conséquences sont plus graves pour les personnes habitant des quartiers défavorisés dans les zones côtières du Canada.

« Il y a une différence, et c'est significatif que nos résidants des régions côtières soient beaucoup plus touchés en habitant dans ces quartiers défavorisés », a expliqué, jeudi, Mme White en parlant de son étude, publiée dans l'édition de ce mois-ci de la revue Health and Place.

« Il y a moins d'accès aux médecins de famille, aux soins de santé spécialisés, a-t-elle ajouté. (Ces résidants) ont des taux plus élevés de dépendance et de maladie mentale, et il n'y a pas suffisamment de programmes pour les aider. »

Heather White a fait valoir que les populations côtières de l'ouest et de l'est du pays avaient un accès plus restreint aux soins de santé, aux aliments sains et frais et aux centres de conditionnement physique.

Au Québec et en Ontario, par exemple, les budgets sont plus élevés, et ces provinces consacrent davantage d'argent aux habitations à loyer modéré, aux services de santé mentale et à l'accès aux programmes d'entraînement physique pour les plus démunis, a expliqué la chercheuse. « Les effets de ces politiques auront une incidence différente au niveau local », a-t-elle argué.

Les problèmes de santé relevés par l'étude varient pour les deux côtes. Les Canadiens de l'Atlantique souffrent davantage de problèmes physiques chroniques, tandis que ceux de la côte ouest ont des taux plus élevés de problèmes de santé mentale.

L'étude est basée sur l'analyse de données de 120 300 Canadiens vivant dans 3700 quartiers urbains. Elle a été réalisée avec les données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes et le recensement de 2001.

La Presse Canadienne