Les étudiants plus endettés que jamais

Une étudiante de l'Université McGill   © PC/Peter McCabe

Un rapport du Conseil canadien sur l'apprentissage publié mercredi révèle que la dette moyenne d'un diplômé universitaire a atteint 26 680 $ l'an dernier, tandis que celle d'un diplômé collégial s'élevait à 13 600 $.

De 1990 à 2000, la dette moyenne d'un diplômé universitaire a plus que doublé. En 2009, elle s'élevait à 26 680 $, tandis que celle d'un diplômé collégial était de 13 600 $.

De 1995 à 2005, la proportion d'étudiants qui doivent rembourser un prêt après l'obtention de leur diplôme est passée de 49 % à 57 %, ajoute le rapport.

« Cette croissance du niveau d'endettement coïncide avec l'annonce récente selon laquelle le Programme canadien de prêts aux étudiants avait atteint, pour la première fois, son plafond de 15 milliards de dollars, exigeant ainsi une attribution de fonds supplémentaires », souligne le Conseil canadien sur l'apprentissage.

Faits saillants du rapport du Conseil canadien sur l'apprentissage
  • Environ 60 % des diplômés universitaires et 45 % des diplômés collégiaux ont accumulé certaines dettes d'études.
  • La dette d'études au premier cycle au Canada a doublé pendant les années 1990, passant de 12 271 $ en 1990 à 24 706 $ en 2000. Depuis, la dette d'études moyenne a toutefois augmenté de seulement 9 %.
  • Le tiers des diplômés qui ont consolidé leurs prêts en 1994-1995 ont manqué à leurs engagements dans les 10 ans qui ont suivi.
  • Les jeunes issus de familles à revenu élevé sont plus de deux fois plus susceptibles de poursuivre des études universitaires que leurs pairs issus de familles à faible revenu, malgré le Programme canadien de prêts aux étudiants.
  • Dans le cadre du régime de prêts du gouvernement fédéral, un emprunteur se retrouve en situation de défaut de remboursement après neuf mois de retard. Les prêts en souffrance sont alors transférés à des agences de recouvrement qui utilisent parfois des méthodes agressives. Un défaut de remboursement peut aussi faire diminuer la cote de crédit de l'emprunteur.

Des effets à long terme

« Ce rapport relève certaines des conséquences à long terme d'une lourde dette, qui retarde parfois certains moments importants d'une vie, comme l'arrivée des enfants ou l'achat d'une maison. Elle peut également influer sur le choix de carrière, et ce, au détriment de la population », affirme Paul Cappon, président-directeur général du Conseil canadien sur l'apprentissage.

Le Conseil canadien sur l'apprentissage soutient que le Canada « a un besoin urgent d'une stratégie pancanadienne en matière d'enseignement postsecondaire » afin de permettre aux étudiants de mieux évaluer les retombées de leurs études postsecondaires.

Tandis que la demande de formation postsecondaire a connu une croissance sans précédent partout dans le monde au cours des dernières décennies, « le Canada n'est doté ni de système d'agrément en enseignement postsecondaire, ni d'agence pancanadienne d'évaluation de la qualité, ce qui fait que les étudiants n'ont pas accès à une quantité suffisante d'information objective pour juger de la rentabilité des sommes investies en enseignement postsecondaire », explique M. Cappon.

« Une approche simplifiée fédérale-provinciale devrait être adoptée en ce qui concerne le système de prêts aux étudiants, ce qui permettrait de résumer la réalité pancanadienne à “un étudiant, un prêt” », soutient M. Cappon.

La semaine dernière, une étude de Statistique Canada révélait que les étudiants de premier cycle universitaire au Canada payaient en moyenne 5138 $ en frais de scolarité en 2010-2011, comparativement à 4942 $ l'année précédente.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.