Logo Radio-Canada
National

Aréna à Québec
Un financement public contesté

Mise à jour le vendredi 10 septembre 2010 à 13 h 47

Des députés conservateurs de la région de Québec portent le chandail des Nordiques

Des députés conservateurs de la région de Québec portent le chandail des Nordiques.

Le dossier concernant la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec, qui pourrait être financé par des fonds publics, soulève de vives réactions ailleurs au Canada.

Plus tôt cette semaine, le gouvernement du Québec a promis de débloquer 185 millions de dollars pour ce projet, ce qui représente 45 % du coût de la construction de cet édifice. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a demandé à Ottawa de faire également une contribution.

Les députés conservateurs du Québec, qui étaient réunis en caucus mercredi, ont répété que le gouvernement fédéral étudiait toujours la possibilité de participer au financement de cet amphithéâtre. En excluant Christian Paradis et Maxime Bernier, ils ont revêtu mercredi le chandail des Nordiques le temps d'une photo.

Cette image, qui a fait le tour du pays, a eu pour effet de susciter de nombreuses réactions, tant chez les amateurs de hockey que chez les politiciens.

À Calgary, des participants à une tribune téléphonique ont demandé au gouvernement Harper de ne pas accorder un tel financement, comme ce fut le cas pour les arénas d'équipes sportives professionnelles qui n'ont presque pas reçu de financement d'Ottawa.

De plus, le leader parlementaire John Baird a été prudent en précisant que rien n'a été décidé et qu'il ne faut pas se fier au chandail porté par ses collègues du Québec, disant qu'ils sont « assez indépendants ».

Pour sa part, le premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, soupçonne un positionnement politique en vue de prochaines élections afin que les conservateurs de Stephen Harper puissent marquer des points au Québec.

Cette idée a été reflétée dans les éditoriaux du Canada anglais. Un chroniqueur du National Post a d'ailleurs titré que « Harper s'apprête à acheter le Québec » en écrivant que « la crédibilité des conservateurs [est] en jeu ». Dans un blogue, le Macleans a écrit qu'il s'agissait de « la fin de l'héritage du Parti réformiste ».

Selon le directeur du département de sciences économiques à l'Université de Montréal, Michel Poitevin, ce serait une mauvaise idée pour les conservateurs d'investir des fonds publics dans un tel projet. Le cas échéant, d'autres villes canadiennes pourraient également réclamer un tel financement.

Ce serait subventionner les joueurs, le propriétaire, les artistes, parce qu'on sait qu'ils ne paieront pas le vrai prix de l'édifice, parce que s'ils payaient le vrai prix, ce serait non rentable.

— Michel Poitevin

Le privé réclame le public

Répondant aux questions des journalistes, le président et chef de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a affirmé jeudi qu'il lui apparaissait clair que le retour d'une équipe de la Ligue nationale de hockey passait par la construction d'un nouvel amphithéâtre à partir des fonds publics.

En écho aux propos tenus mercredi par des députés conservateurs de la région de Québec qui ont dit que le secteur privé se devait de contribuer à un tel projet, M. Péladeau a affirmé qu'il n'était pas de cet avis, estimant que le privé « fait plus que sa part ».

Avec des informations de Madeleine Blais-Morin, Emmanuelle Latraverse et Denis Ferland

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

Console Audio-vidéo