Recours collectif de 115 millions

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Les policiers tentaient de disperser les manifestants et procédaient à des arrestations près du centre de détention où 500 personnes avaient été conduites le 27 juin 2010. Les policiers tentaient de disperser les manifestants et procédaient à des arrestations près du centre de détention où 500 personnes avaient été conduites le 27 juin dernier.   © AFP/Simon Hayter

Deux personnes détenues lors du Sommet de Toronto déposent une poursuite collective pour « dénoncer le comportement des autorités ».

Un recours collectif de 115 millions de dollars a été déposé jeudi par deux citoyens qui ont été détenus lors du sommet du G20 tenu à Toronto afin de « dénoncer le comportement des autorités ». La poursuite avance même que certains policiers auraient commis des actes criminels.

L'action en justice allègue que les politiques et procédures employées pendant l'événement violaient les droits des demandeurs.

La plainte cite aussi des arrestations illicites, des détentions illégales, des atteintes à la vie privée ainsi que de la torture physique et mentale.

Le service de police de Toronto, le procureur général du Canada et le service de police de la région voisine de Peel y sont nommés par les demandeurs.

Le recours de Miranda McQuade et Mike Barber, tous deux de Toronto, représente 1150 personnes qui ont été détenues lors du sommet. Ces deux Torontois avaient été arrêtés et détenus dans un centre spécialement prévu pour l'occasion.

Dans le recours collectif, il y est précisé que Miranda McQuade a été mise en état d'arrestation, incarcérée, et qu'elle a eu à subir une fouille à nu après avoir manifesté pacifiquement en face de l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario. Pour sa part, Mike Barber soutient qu'il a, lui aussi, été arrêté alors qu'il protestait de façon pacifique.

Le sommet du G20 a donné lieu à des arrestations et à des détentions de masse après qu'un petit groupe de manifestants eut fracassé des vitrines et incendié des voitures de police.

À un certain moment, les policiers ont contenu un groupe de passants et de journalistes dans une intersection du centre-ville de Toronto. Ils les ont gardés entassés pendant des heures sous une pluie battante.

Des centaines de personnes ont été relâchées par la suite, en plus de voir les accusations qui pesaient contre elles, principalement pour avoir troublé la paix, être abandonnées.

Les comparutions de 303 personnes, dont une centaine de Québécois, se sont amorcées le mois dernier devant un tribunal de Toronto.

Plusieurs citoyens ont affirmé qu'ils n'avaient rien à voir avec ces démonstrations et qu'ils se trouvaient tout simplement au mauvais endroit au mauvais moment. D'autres encore se sont plaints que les policiers les avaient maltraités ou qu'ils ne leur avaient pas donné la possibilité d'appeler un avocat.

Au lendemain du sommet de Toronto, des groupes de défense des droits civiques et judiciaires ont dénoncé unanimement les agissements des policiers.

Pour leur part, les forces policières et les politiciens ont défendu leurs stratégies. Ils considèrent qu'il s'agissait de mesures nécessaires pour protéger les biens et prévenir les actes criminels.

La cause devra être certifiée par la Cour supérieure de l'Ontario afin d'être entendue, le cas échéant.