Les chefs de police du pays s'apprêtent à lancer une campagne médiatique en faveur du maintien de l'enregistrement des armes d'épaule dans le registre national des armes à feu.
Les délégués réunis au congrès de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), tenu lundi à Edmonton, se sont prononcés très majoritairement en faveur du maintien intégral du registre national des armes à feu.
Au cours de la rencontre, les chefs de police de partout au Canada ont notamment pris connaissance d'un rapport soulignant l'importance de ce registre. Ce registre, conclut le document, est un outil qui s'avère efficace.
Les chefs de police prévoient maintenant lancer une offensive médiatique pour s'assurer qu'il ne sera pas aboli.
La campagne de relations publiques qu'ils comptent mener mettra les chefs de police de partout au Canada dans le camp des opposants au projet de loi privé C-391, déposée par la députée conservatrice Candice Hoeppner, qui préconise d'exclure l'enregistrement des armes d'épaule.
Le président de l'association et chef de la police de Toronto, Bill Blair, a indiqué que la campagne serait également menée auprès des politiciens « abolitionnistes ».
Le rapport, qui devait être rendu public après la rencontre, a été présenté par le surintendant Brad Doucette, de la police d'Edmonton. Le document devait originalement être présenté par l'homme qui a coprésidé le comité l'ayant produit, soit le surintendant en chef de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Marty Cheliak.
M. Cheliak, réputé pour être un défenseur du registre, a été remplacé par la GRC comme directeur du Programme canadien des armes à feu (PCAF). La police fédérale a argué que M. Cheliak ne répondait pas au critère de bilinguisme nécessaire au poste qu'il occupait et lui a ordonné de suivre des cours de français.
Les partis d'opposition à Ottawa y ont vu une manoeuvre destinée à écarter du chemin un opposant au projet de loi de la députée Hoeppner. Les conservateurs soutiennent depuis longtemps que le registre, créé par le gouvernement libéral de Jean Chrétien en 2002, est coûteux et inefficace.
Selon M. Blair, le registre fait l'objet d'inquiétudes légitimes au départ, notamment en raison d'un coût d'implantation qui a atteint 1 milliard de dollars. Il souligne cependant qu'opérer le registre ne coûte maintenant que 4 millions de dollars.
« C'est un peu frustrant, franchement, parce qu'il y a beaucoup d'idéologie » dans ce débat, a dit M. Blair à la CBC. « Je crois qu'une bonne partie du ressentiment entourant le registre vient d'anciennes préoccupations liées à sa mise en place ».
Actuellement, les autorités utilisent les données du registre environ 11 000 fois par jour à travers le Canada.
Selon le calendrier actuel, le vote sur le projet de loi privé C-391 doit avoir lieu cet automne à la Chambre des communes.
Néanmoins, une recommandation d'un comité visant à tuer le projet doit faire l'objet d'un vote aux Communes le 21 septembre prochain, le lendemain de la reprise de la session parlementaire.
Lors de l'adoption du projet de loi en deuxième lecture, en novembre 2009, près d'une vingtaine de députés néo-démocrates et libéraux avaient voté avec l'ensemble des conservateurs.