Occupation double plus fréquente

Prison

Le Service correctionnel du Canada révise une politique et augmente le nombre de cellules occupées par deux prisonniers. Cette modification suscite de nombreuses réactions.

Plusieurs détenus des pénitenciers fédéraux risquent d'être plus à l'étroit qu'auparavant. Une nouvelle politique du Service correctionnel du Canada va permettre d'augmenter le nombre de cellules occupées par deux prisonniers.

Un tel changement est une conséquence de l'adoption de deux projets de loi par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Ainsi, jusqu'à une cellule sur cinq conçue pour accueillir une seule personne pourra être occupée par deux prisonniers. En ce moment, ce taux est de une sur dix.

Le criminologue Jean-Claude Bernheim dénonce cette nouvelle révision. Il soutient que la double occupation « est contraire aux normes internationales, est contraire tout simplement à la nature humaine » sur le plan physique.

Pour sa part, le président national du Syndicat des agents correctionnels du Canada, Pierre Mallet, estime qu'une telle mesure met une pression énorme sur le personnel des pénitenciers. Il rappelle que plus il y a de détenus dans un pénitencier, moins les programmes de réhabilitation sont efficaces.

André Poilièvre, qui oeuvre en Saskatchewan auprès des détenus, trouve déplorable qu'Ottawa semble avoir une approche punitive envers les détenus, plutôt que de viser à les réinsérer dans la société.

« J'ai vu des conflits, j'ai vu des coups de couteau, j'ai vu des gars qui ne pouvaient plus vivre ensemble. On a vu des cas d'abus sexuel, on a vu des cas d'abus physique. C'est incroyable ce qui peut se passer dans des endroits comme cela. » — André Poilièvre

Pour sa part, le gouvernement de Stephen Harper a décliné toute demande d'entrevue à ce propos.

D'après des informations recueillies par Mathieu Dion