Une consultation publique exigée

Réunion du Conseil de la fédération à Winnipeg Réunion du Conseil de la fédération à Winnipeg   © PC/John Woods

Le Réseau pour le commerce juste, qui regroupe plusieurs organisations, profite de la tenue du Conseil de la fédération à Winnipeg pour demander à Ottawa à organiser une consultation publique au sujet d'un éventuel accord de libre-échange avec l'Union européenne.

En marge du Conseil de la fédération, le Réseau pour le commerce juste, qui regroupe 32 organisations, a tenu un point de presse vendredi matin devant l'hôtel Fort Garry à Winnipeg, où sont réunis les 13 premiers ministres provinciaux et territoriaux.

Ce réseau, constitué en février dernier, a envoyé une lettre le 29 juillet aux premiers ministres provinciaux et territoriaux en prévision de leur réunion. Il y réclame la tenue d'une consultation publique avant la signature de tout accord de libre-échange avec l'Union européenne (UE). Les ministres ont discuté vendredi des relations commerciales avec les États-Unis et l'UE.

Les organisations regroupées au sein de ce réseau sont d'avis que les provinces et territoires doivent conserver leur latitude en vue de soutenir le développement économique local et durable à l'aide de fonds publics.

Les négociations entre le Canada et l'UE dépassent largement les enjeux commerciaux, indique Stuart Trew, militant pour le commerce au Conseil des Canadiens, l'une des organisations membres de ce réseau.

Pour un accord avantageux

De gauche à droite : Brendan Reimer et Stuart Trew, membres du Réseau pour le commerce juste De gauche à droite : Brendan Reimer et Stuart Trew, membres du Réseau pour le commerce juste   © Florence Reinson

« Les discussions vont avoir un impact dans les domaines législatifs et réglementaires qui va influencer la façon dont les provinces, les territoires et les villes élaborent la politique publique. Les gains espérés à la suite de la conclusion d'un accord de libre-échange pourraient être exagérés », s'inquiète Brendan Reimer, coordinateur pour les Territoires du Nord et les Prairies du Réseau canadien de développement économique de la communauté.

Le réseau estime que le meilleur moyen de s'assurer que cet accord n'engendre pas des pertes pour le Canada serait de mettre sur pied une consultation publique.

« Ce n'est pas vraiment un accord sur l'échange qui est en discussion, mais un accord qui aura un impact sur les différents secteurs et [...] il n'y a pas beaucoup à recevoir de l'Union européenne en échange. Le Canada ne réclame pas grand-chose en contrepartie et ce qu'il demande est presque impossible à obtenir », indique Stuart Trew.

L'Europe a des demandes concrètes, comme l'ouverture totale de la politique sur la propriété intellectuelle et les télécommunications, précise-t-il. « Le Canada voudrait surtout un accord sur les OGM et les produits du phoque. Harper veut un accord avec l'Union européenne et est prêt à signer n'importe quoi », ajoute le militant.

Le Conseil des Canadiens est foncièrement opposé aux accords de libre-échange en général. « On note une augmentation des échanges avec les États-Unis, mais elle n'améliore pas les conditions de vie des Canadiens », estime M. Trew, qui aimerait voir le pays adopter les plus hauts standards, notamment environnementaux, qui existent dans l'Union européenne. « Mais ce n'est pas ce qui serait négocié », regrette-t-il.