Conseil de la fédération
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Florence Reinson
Les premiers ministre des provinces et territoires, réunis en Conseil de la fédération à Winnipeg, rejettent l'idée d'imposer une franchise santé. Le Québec se trouve ainsi isolé sur cette question.
Les 13 premiers ministres des provinces et territoires, réunis en Conseil de la fédération à Winnipeg, rejettent en bloc l'idée d'imposer une franchise pour faire face au coût croissant des soins de santé. Le Québec, qui a fait mention de cette idée inscrite dans son dernier budget, se retrouve donc isolé sur cette question.
Encore cette année, la santé a été au coeur des discussions des premiers ministres au Conseil de la fédération. Tous font face au même défi : une population vieillissante et des coûts de santé qui grugent une bonne partie de leur budget.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a profité de l'occasion pour tester l'intention de son gouvernement d'imposer une franchise santé. Mais cette idée a été complètement écartée par plusieurs provinces, comme la Colombie-Britannique, la Saskatchewan et l'Ontario.
L'Ontario propose plutôt que les provinces s'unissent pour acheter leurs médicaments, ce qui, de son point de vue, permettrait d'économiser des milliards de dollars. Une idée beaucoup mieux accueillie.
« Nous avons décidé d'une stratégie de coopération en matière d'achat de médicaments, que nous allons effectuer en commun entre les différentes provinces. Ce processus a été entamé l'an dernier entre les provinces de l'Ouest et sera maintenant étendu à toutes les provinces et territoires », s'est fécilité le premier ministre manitobain Greg Selinger, l'hôte du Conseil de la fédération.
Mais le premier ministre Jean Charest maintient que des solutions plus draconiennes, comme la franchise santé, doivent être évaluées.
« Il y a une asymétrie du fonctionnement des systèmes de santé et le Québec a fait reconnaître sa différence, qui a été reconnue dans l'entente de 2004 », a ajouté M. Charest.
Les premiers ministres souhaitent tout de même trouver un consensus afin de mieux renégocier une entente sur la santé avec Ottawa, qui les prévient déjà de ne pas être trop gourmands.
Sables bitumineux : opération charme de l'Alberta
L'Alberta a profité de l'occasion pour distribuer une brochure vantant son bilan environnemental, partie intégrante d'une campagne sur les sables bitumineux qu'elle a entreprise dans les médias.
Cette manoeuvre a fait bondir les environnementalistes, qui dénoncent le manque de volonté des gouvernements de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. « C'est juste un exercice de relations publiques basé sur le mensonge », a déclaré Steven Guilbault, d'Équiterre.
En Alberta, 1 emploi sur 15 est directement lié au secteur énergétique et 136 000 personnes travaillent dans les mines et autres secteurs d'extraction de gaz et d'huile.
Paiements de transferts et économie
Les premiers ministres se sont aussi entendus pour appuyer l'engagement du fédéral à maintenir les paiements de transferts et leur indexation au niveau actuel. Ils préviennent qu'une réduction de ces paiements se traduirait par une baisse des services à la population, plus particulièrement en santé.
En vue de soutenir la reprise économique, les premiers ministres entendent par ailleurs encourager l'innovation et les investissements du secteur privé. Ils misent en particulier sur le secteur des « énergies vertes ».
En outre, les premiers ministres se sont fixé comme objectif d'inclure davantage les Autochtones au marché de travail, en passant par un plus haut taux de réussite scolaire. La main-d'oeuvre étrangère ne sera pas oubliée, l'immigration constituant un élément non négligeable pour répondre aux besoins du marché du travail.
Le Conseil de la fédération se poursuit vendredi, avec des discussions portant sur les relations du Canada avec les États-Unis et les relations internationales, notamment avec l'Union européenne. Le Québec souhaiterait voir la conclusion d'un traité de libre-échange avec l'UE.