Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser
Le commissaire aux langues officielles du Canada a annoncé lundi son intention d'ouvrir une enquête sur la décision du gouvernement fédéral d'éliminer l'obligation de remplir le questionnaire long du recensement de 2011.
Graham Fraser ouvre une enquête sur la décision du gouvernement Harper d'éliminer le questionnaire long du recensement. La Fédération des communautés francophones et acadienne exprime aussi son inquiétude.
Graham Fraser se dit inquiet des répercussions que pourrait avoir cette décision sur la vitalité des communautés linguistiques minoritaires au pays.
La FCFA dépose une plainte
Plus tôt dans la journée, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a déposé lundi une plainte au commissaire aux langues officielles relativement à cette décision du gouvernement fédéral.
La Fédération estime que l'élimination du caractère obligatoire de remplir le formulaire long compromettra la capacité d'obtenir des données linguistiques et démographiques complètes.
Selon la présidente Marie-France Kenny, la mesure du gouvernement Harper se traduira par un manque de données pour prendre des décisions sur la répartition des effectifs bilingues dans les bureaux du pays. Selon elle, éliminer l'obligation de répondre au questionnaire long porterait atteinte à la capacité du gouvernement de s'acquitter de ses obligations en vertu de la Loi.
Mme Kenny dénonce aussi le fait qu'Ottawa n'ait pas consulté les communautés avant de prendre cette décision. Elle ajoute qu'en vertu de la Partie VII de la Loi sur les langues officielles, le gouvernement a l'obligation de les consulter avant de prendre des décisions qui les touchent directement.
Mme Kenny avait fait parvenir une lettre au gouvernement fédéral la semaine dernière pour exprimer son point de vue. Elle n'a pas encore obtenu de réponse.
Rappelons que seul le questionnaire court est obligatoire. Le gouvernement Harper a adopté cette mesure depuis le 29 juin dernier après que certains Canadiens se sont opposés à la dimension trop personnelle de certaines questions du formulaire détaillé.
Cette décision a suscité de l'inquiétude de plusieurs institutions publiques et groupes communautaires.