Le PM Harper prononçant un discours devant des membres du Congrès juif canadien dans une synagogue de Toronto.
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PC/Jim Ross
Deux regroupements nationaux pro-arabes, la Fédération canado-arabe et le Conseil national des relations canado-arabes, se plaignent de ne plus avoir accès au gouvernement fédéral.
La Fédération canado-arabe et le Conseil national des relations canado-arabes se plaignent de ne plus avoir accès aux membres du gouvernement Harper. Pendant ce temps, le Comité Canada-Israël, qui prône le soutien à l'État hébreu, a obtenu 39 rencontres en 18 mois.
L'ex-directeur de la Fédération canado-arabe, Mohammed Boudjenane, déplore que les rencontres que l'organisme avait l'habitude d'organiser chaque année avec des ministres n'aient plus lieu.
« Depuis l'avènement du gouvernement conservateur, nous n'avons jamais eu l'occasion d'organiser ces rencontres, parce qu'on nous a fermé la porte, tout simplement », indique M. Boudjenane.
Mohammed Boudjenane, ex-directeur de la Fédération canado-arabe
La Fédération canado-arabe a eu d'importants différends avec le gouvernement Harper.
Un autre organisme, le Conseil national des relations canado-arabes, ne parvient cependant pas non plus à rencontrer les conservateurs.
« Depuis trois ans, ces possibilités de conversation n'existent plus », soutient un porte-parole, Michel De Salaberry, un ancien ambassadeur du Canada en Jordanie, en Iran et en Égypte.
Le porte-parole du Conseil national des relations canado-arabes.
« J'ai l'impression très nette que, pour le gouvernement actuel, la solidarité avec Israël est devenue la considération unique et exclusive de sa politique au Moyen-Orient », ajoute M. De Salaberry.
Le porte-parole du Conseil national des relations canado-arabes croit que cette situation s'explique notamment par l'influence grandissante de la droite religieuse, comme cela s'est produit aux États-Unis.
De son côté, le Comité Canada-Israël, qui prône le soutien à Israël, a rencontré des membres du gouvernement Harper 39 fois en un an et demi. Il a pu rencontrer le premier ministre, six ministres et plusieurs membres de son bureau.
Kenney se défend
Le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, réplique que son gouvernement a accru les relations du Canada avec les pays arabes sur le plan commercial, diplomatique et politique.
Il dit en outre avoir lui-même participé à une centaine d'événements arabo-musulmans au cours des derniers mois.
« Je trouve que le contact avec les groupes locaux et grassroots [NDLR : issus de la communauté] est beaucoup plus représentatif que certains soi-disant porte-parole au niveau national », dit-il.
M. Kenney nie être influencé par des groupes évangélistes. « Je suis un catholique ordinaire. Je ne sais pas qui a créé cette idée que je suis un évangéliste », dit-il.
« Mes convictions religieuses n'ont rien à faire avec ma conviction que les États démocratiques comme Israël ont un droit et une responsabilité de défendre [leurs] citoyens des attaques terroristes », ajoute M. Kenney.
Les regroupements pro-arabes affirment que la réaction très prudente du gouvernement Harper à l'attaque récente de l'armée israélienne contre une flottille d'aide humanitaire en route pour Gaza confirme que leur voix n'est pas entendue.
M. De Salaberry souhaite pour sa part que le Canada revienne à sa politique traditionnelle d'appui au droit international. « On a évacué ce concept-là », estime-t-il.
D'après un reportage de Brigitte Bureau