Québec prend des mesures

Voici ce qu'a appris Benoît Giasson.

Exclusif - Québec se dote d'un programme de coordination d'informations sur la menace terroriste. Chapeauté par la GRC, avec l'appui des corps policiers du Québec, il a pour but de recueillir des renseignements sur les activités terroristes dans la province.

Les corps policiers du Québec se lancent dans un nouveau programme de renseignement sur les activités terroristes. Et pour recueillir leurs informations, ils feront appel aux ambulanciers, pompiers et autres, qui deviendront en quelque sorte les yeux et les oreilles de la police. Le projet, piloté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), est déjà fonctionnel en Colombie-Britannique et en Ontario.

Que ce soit pour éviter des attentats comme celui qui a visé une succursale de la Banque Royale à Ottawa le mois passé, ou d'autres formes de terrorisme, la GRC lance au Québec le programme de coordination d'informations sur la menace terroriste.

Tous les corps policiers seront appelés à participer à une formation dès cet automne. Puis, ambulanciers, pompiers et gardiens de prison seront mis à contribution.

Le renseignement, nerf de la guerre contre le terrorisme

Le but est que chaque intervenant détecte et rapporte le moindre signe d'activité terroriste, que ce soit des photos ou des drapeaux sur les murs d'une résidence, un ordinateur ouvert sur une page d'organisation terroriste, des propos suspects, etc.

En Colombie-Britannique, 150 personnes ont suivi une formation dans ce sens depuis 2007.

L'information est transmise au service de la sécurité nationale de la GRC. Le Sergent Steve Corcoran reconnaît que les premiers répondants sont les oreilles et les yeux de la police.

Ces informations sont cruciales, selon lui. Certaines ont déjà conduit à l'ouverture d'enquêtes, d'autres permettent d'identifier des tendances suspectes.

Tim Leeman, superviseur ambulancier en Colombie-Britannique, ne pense pas pour autant être au service de la police. Il y voit surtout un avantage, car la police s'engage aussi à informer les ambulanciers des lieux potentiellement dangereux.

Au Québec, la coordination du programme se fera en partenariat entre la GRC, la Sûreté du Québec (SQ) et la police de Montréal.

Affaire délicate

L'affaire est délicate et rappelle le fameux centre d'analyse et de documentation mis sur pied par l'ex-premier ministre Robert Bourassa, et qui détenait des informations sur 30 000 citoyens.Les fiches avaient été détruites en 1976 après l'élection du Parti québécois.

La Sûreté du Québec a refusé de nous accorder une entrevue avant que tous les détails de l'organisation soient décidés. Une porte-parole nous a tout de même confirmé que la SQ allait participer au programme.

D'après un reportage de Benoît Giasson

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