Amnistie internationale écorche le Canada

Autochtones (archives)   © John Woods

Dans son rapport annuel sur les droits de la personne, publié jeudi, Amnistie internationale (AI) n'est pas exempt de critiques à l'endroit du Canada.

Dans son rapport annuel, l'organisation déplore le traitement que réserve le Canada aux Autochtones. Le sort d'Omar Khadr, toujours emprisonné à Guantanamo, et des détenus afghans retient aussi son attention.

Comme dans son rapport de l'an dernier, l'organisation cible, entre autres, le traitement réservé aux peuples autochtones. « Les autorités n'ont pas veillé au respect des droits des peuples autochtones lors de la délivrance d'autorisations pour l'exploitation des mines, des forêts, du pétrole et d'autres ressources naturelles », déplore AI.

Le rapport annuel condamne également l'attitude du Canada, qui n'a pas appuyé la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Un représentant canadien a toutefois affirmé il y a quelques semaines qu'Ottawa allait adopter la Déclaration sous peu.

Le sous-financement des services à l'enfance et l'absence de plan national pour lutter contre la violence, dont sont victimes de nombreuses femmes autochtones, sont également ciblés.

Le document déplore aussi l'exploitation des hydrocarbures dans le nord de l'Alberta, qui se fait sans le consentement des Cris du Lubicon. Le développement pétrolier et gazier met à mal « leur utilisation des terres traditionnelles » et contribue à une mauvaise santé et à une pauvreté très fréquentes ».

Omar Khadr et les détenus afghans

Une dizaine de prisonniers afghans sont escortés par des soldats canadiens le 8 mai 2006. Une dizaine de prisonniers afghans sont escortés par des soldats canadiens le 8 mai 2006.   © AFP/John D. McHugh

Le rapport mentionne également la comparution du diplomate Richard Colvin devant une commission parlementaire, soulignant que son témoignage a suscité de « vives inquiétudes » quant au sort réservé aux détenus transférés aux autorités afghanes par les Forces armées canadiennes.

L'organisation évoque aussi le jugement de la Cour fédérale dans l'affaire Omar Khadr. Le tribunal avait ordonné son rapatriement au Canada, mais le gouvernement conservateur avait porté l'affaire devant la Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays n'avait pas exigé le rapatriement du jeune détenu, laissant le soin au gouvernement de décider de la réponse qu'il jugera appropriée à ce jugement.

Certificats de sécurité et Taser

Aministie déplore par ailleurs que les personnes sous le coup d'un certificat de sécurité n'aient toujours pas accès aux éléments de preuves retenus contre elles, mais souligne que deux de ces certificats, soit ceux à l'encontre d'Adil Charkaoui et de Hassan Almrei, ont été révoqués en 2009.

Amnistie internationale déplore qu'« une personne [soit] morte (en 2009) après avoir reçu des décharges électriques administrées par des policiers à l'aide de pistolets Taser ». Un comité d'enquête ayant rendu publiques ses conclusions en janvier dernier avait toutefois attribué la mort de Grant William Prentice à une surdose de cocaïne et non à l'utilisation du pistolet électrique.

Enfin, AI salue l'annonce d'une stratégie de responsabilité sociale desentreprises, mais déplore qu'elle ne comporte « aucune exigence contraignante en matière de droits humains ». « On [attend] toujours une loi établissant des critères de respect des droits humains pour les activités à l'étranger des entreprises canadiennes du secteur pétrolier, gazier et minier », note l'organisme.

La section consacrée au Canada ne fait que 2 pages sur les 363 que compte le rapport.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.