Les appuis augmentent

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Une arme à feu

Les tenants du Registre des armes à feu peuvent maintenant compter sur l'Institut national de la santé publique du Québec et son étude, qui montre le bien-fondé de la loi de 1998 sur le contrôle des armes à feu.

Les experts de l'Institut national de la santé publique du Québec se sont présentés au comité permanent de la sécurité publique et nationale à Ottawa, mercredi, avec une étude démontrant que le Registre des armes à feu a permis de sauver 300 personnes par année depuis sa mise en place en 1998.

Le comité se penche actuellement sur un projet de loi des conservateurs de Stephen Harper pour l'abolition de l'enregistrement obligatoire des armes d'épaule.

L'Institut fait valoir que l'utilité du registre est une question de santé publique plutôt que de criminalité, puisque 75 % des morts par balle sont des suicides.

Le docteur Pierre Maurice, expert en sécurité et en prévention des traumatismes, et Étienne Blais, criminologue, spécialiste en prévention des traumatismes par armes à feu, précisent que depuis 12 ans, il y a eu 250 suicides et 50 homicides en moins, chaque année, au Canada.

« Les chercheurs se basent sur le fait que les personnes désespérées n'ont pas opté pour d'autres moyens. « Il est plus difficile de se couper les veines que d'utiliser une arme à feu. » » — Étienne Blais

Les chercheurs ont évalué l'effet de la loi dans son ensemble.

« C'est comme si la société canadienne disposait d'un médicament permettant de sauver 300 vies par année. Deux ingrédients entrent dans sa composition : le permis et l'enregistrement. Il nous semble périlleux de changer la composition de ce médicament en l'amputant de l'un de ses ingrédients importants », a expliqué M. Maurice.

Il a par ailleurs ajouté que cette diminution a permis d'épargner 400 millions de dollars chaque année.

Les députés de l'opposition au sein du comité sont particulièrement satisfaits de cet argumentaire parce qu'il appuie leur thèse sur celle des conservateurs. Selon les troupes du premier ministre Harper, il faut abolir le Registre des armes à feu à long canon parce qu'il coûte cher et que rien ne prouve qu'il a permis de sauver des vies.

La députée conservatrice qui a présenté le projet de loi privé pour l'abolition du registre, Candice Hoeppner, n'a pas commenté l'étude, mais a promis d'y revenir.