Le désaveu du Lancet

Une femme enceinte est examinée par un médecin au Népal. Une femme enceinte est examinée par un médecin au Népal.   © PC/AP/Gemunu Amarasinghe

La prestigieuse revue médicale britannique The Lancet déplore à son tour le refus du gouvernement Harper de financer l'accès à l'avortement dans le cadre de son l'initiative visant à améliorer la santé des mères et des enfants dans les pays pauvres.

La revue médicale britannique soutient que le gouvernement Harper agit de manière « hypocrite et injuste » en refusant d'aider les femmes des pays pauvres à se faire avorter. Il somme le G8 de modifier sa position.

Dans un éditorial publié cette semaine, The Lancet soutient que les objectifs poursuivis à cette fin par le gouvernement Harper dans le cadre du sommet du G8, qui se tiendra cet été à Huntsville, en Ontario, méritent d'être louangés, mais que son refus de financer des programmes d'accès à l'avortement est injustifiable.

« Cette position doit changer. 70 000 femmes meurent d'avortements non sécuritaires chaque année dans le monde », affirme la revue.

« Le gouvernement canadien n'empêche pas les femmes vivant au Canada d'avoir accès à des avortements sécuritaires; il est conséquemment hypocrite et injuste qu'il tente de le faire à l'étranger », poursuit The Lancet.

Les interdictions de pratiquer des avortements en vigueur dans certains pays « devraient être contestées par les pays du G8 et non pas soutenues tacitement ».

The Lancet conclut que « le Canada et les autres pays du G8 pourraient démontrer un réel leadership en proposant un plan final sur la santé maternelle qui soit basé sur des preuves scientifiques plutôt que les préjugés ».

La revue souligne en outre que les premiers éléments du plan qui sont ressortis du sommet d'Halifax ne font aucune mention des soins obstétriques d'urgence. The Lancet croit cependant qu'il s'agit là d'une omission faite par inadvertance plutôt qu'une décision délibérée, comme dans le cas de l'avortement.

La revue médicale britannique admet tout de même que les objectifs du gouvernement sont louables. Après tout, 350 000 mères et 9 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année dans le monde, et il y a moyen d'empêcher la majorité de ces décès, souligne la revue médicale.

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