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Vérificatrice générale du Canada

Haro sur les systèmes informatiques

Mise à jour le mercredi 21 avril 2010 à 14 h 52

Sheila Fraser lors du dépôt de son rapport, à Ottawa.

Photo: La Presse Canadienne /Fred Chartrand

Sheila Fraser lors du dépôt de son rapport, à Ottawa.

La vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, a déposé mardi son rapport printanier, à Ottawa. Elle y montre du doigt la vétusté de systèmes informatiques au gouvernement et les retards dans la restauration d'édifices de la colline du Parlement.

Selon Mme Fraser, les systèmes de technologie de l'information du gouvernement fédéral sont tellement désuets que si des sommes suffisantes ne sont pas investies pour les remettre à niveau, Ottawa pourrait peiner à offrir des services essentiels aux Canadiens.

Pour en arriver à cette conclusion, la vérificatrice générale a examiné la gestion de cinq entités gouvernementales fédérales qui dépensent le plus en matière de technologie de l'information, soit Revenu Canada, les Travaux publics, Ressources humaines et Développement des compétences, la Gendarmerie royale du Canada et Citoyenneté et Immigration.

Elle en arrive à la conclusion que les systèmes de technologie de l'information fonctionnent avec des applications dépassées et qu'ils risquent de tomber en panne. Sheila Fraser affirme que cela pourrait avoir de graves conséquences. Concrètement, elle explique que des services comme le versement de prestations d'emplois ou de remboursements d'impôts pourraient être perturbés.

Faute d'une stratégie pangouvernementale assortie d'investissements suffisants et opportuns, la capacité des ministères et des organismes à fournir des services à la population canadienne pourrait être menacée.

— Sheila Fraser

Ces systèmes dépassés semblent causer des problèmes au quotidien. Au ministère des Travaux publics, par exemple, des spécialistes de la rémunération ont quitté leur emploi en raison du système considéré trop vétuste. Dans un centre de données des Ressources humaines âgé de 16 ans et situé à Montréal, on ne trouve plus les pièces nécessaires pour entretenir le système de climatisation servant à refroidir l'équipement informatique, ce qui entraîne des frais supplémentaires.

Dans le dossier des systèmes informatiques, la vérificatrice générale déplore que la direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, au courant des risques depuis déjà une décennie, n'ait toujours pas fourni d'orientations stratégiques pour améliorer la situation. Entreprendre la restauration des systèmes informatiques serait toutefois très coûteux, dans les milliards de dollars.

Le Parlement à Ottawa

Parlement à Ottawa

Restauration chaotique

La question de la rénovation des édifices de la colline du Parlement est aussi au coeur du rapport de la vérificatrice générale.

Cette dernière estime que la gestion du dossier est quelque peu chaotique, notamment en raison de la multiplicité des décideurs. Elle juge que cela entraîne des retards dans la prise de décisions et contribue à accroître les coûts et les risques liés aux projets.

Sheila Fraser dénote que les nombreux paliers du gouvernement impliqués, soit le ministère des Travaux publics, le Sénat, la Chambre des communes, la Bibliothèque du Parlement, ainsi que Parcs Canada et la Commission de la capitale nationale, ont des priorités différentes.

Par exemple, le ministère des Travaux publics relève du gouvernement et doit rendre des comptes au Conseil du Trésor. Par ailleurs, le ministère doit aussi tenir compte des exigences des partenaires parlementaires, soit les Communes et le Sénat. Ces deux chambres n'ont toutefois pas officiellement voix au chapitre des décisions.

Le point sur les dossiers de santé électroniques

Finalement, dans un autre rapport, la vérificatrice générale présente un survol des rapports de vérification fédéral et provinciaux sur l'implantation des dossiers de santé électroniques.

Ce rapport conclut que l'objectif de rendre les dossiers électroniques de la moitié des Canadiens accessibles aux fournisseurs de soins de santé pourrait ne pas être atteint à la date prévue, mais un an plus tard. L'objectif initial était de les rendre accessibles d'ici la fin de 2010. On peut lire dans le rapport qu'ils le seraient plutôt au début de 2011.

La vérification portait sur la situation dans six provinces, mais pas au Québec. Le rapport Fraser souligne que la surveillance des coûts et des échéanciers est inadéquate dans la majorité des provinces, ce qui rejoint les critiques formulées l'automne dernier à l'endroit d'Inforoute Santé du Canada.

Les 500 millions de dollars promis à Inforoute en 2009 ont été gelés pendant que Santé Canada vérifiait leur utilisation. Le dernier budget fédéral a confirmé que cette somme était toujours destinée à ce projet, mais on ne sait pas à quel moment Inforoute aura le feu vert pour la dépenser.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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