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Menus travaux, grosse facture

Mise à jour le mercredi 10 mars 2010 à 22 h 08

Parlement, Ottawa

L'édifice du Parlement

La ministre fédérale des Travaux publics, Rona Ambrose, demandera à ses fonctionnaires de revoir le contrat accordé à Profac, une filiale de SNC-Lavalin, pour la gestion de 320 immeubles fédéraux.

Selon des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi d'accès à l'information, Profac aurait facturé des frais d'entretien exorbitants.

Ces coûts sont inacceptables. C'est une insulte pour le contribuable moyen.

— Rona Ambrose

Quelques exemples :

  • le fédéral paye plus de 37 000 $ par année pour du nettoyage supplémentaire dans les bureaux du ministre et du sous-ministre des Travaux publics;
  • l'installation de six luminaires encastrés a coûté plus de 5000 $;
  • deux plantes vertes ont coûté 2000 $;
  • l'enlèvement d'un interrupteur et l'installation d'une sonnette ont coûté 2000 $;
  • l'installation de trois stores a coûté près de 1500 $.

Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique ont profité de la période des questions pour aborder ce sujet embarrassant pour le gouvernement. Le chef bloquiste Gilles Duceppe s'est demandé comment les conservateurs pouvaient autoriser de telles dépenses, alors qu'ils demandent aux citoyens de se serrer la ceinture.

Quant au NPD, il demande à la vérificatrice générale de se pencher sur cette affaire.

Le premier ministre Stephen Harper n'a pas tenté de défendre l'indéfendable. « Je viens de dire que certaines de ces dépenses ne semblent pas justifiables. C'est la raison pour laquelle la ministre des Travaux publics a demandé à ses sous-ministres d'examiner ces dépenses, ce contrat et ces factures », a déclaré M. Harper.

L'ex-ministre des Travaux publics de 2008 à janvier dernier, Christian Paradis, a préféré ne pas commenter ces dépenses, jugeant qu'il s'agissait de questions pointues et qu'elles devaient donc être posées aux fonctionnaires. « Il ne faut pas penser que le ministre regarde les 40 000 contrats qui passent par année aux Travaux publics. Et si on le faisait, on se ferait accuser d'ingérence politique », a-t-il lancé.

Le contrat accordé à Profac devait se terminer en juin 2009, mais il a été prolongé jusqu'en 2011, puis, tout récemment, jusqu'en 2013. S'il est reconduit jusqu'en 2015, le contrat aura coûté 6 milliards de dollars.

Profac et le gouvernement fédéral ont indiqué à La Presse que les coûts facturés par l'entreprise sont conformes aux prix du marché. Une porte-parole du ministère des Travaux publics, France Langlois, a précisé que le contrat a été accordé dans le cadre d'un processus concurrentiel d'appel d'offres.

Dans certains cas, Mme Langlois a fourni plus d'explications. Par exemple, au sujet de l'interrupteur à 1000 $, elle a déclaré que les travaux consistaient à enlever l'interrupteur d'un bureau pour l'installer à un autre endroit. De plus, les travaux ont été réalisés après les heures de bureau, ce qui a forcé le paiement d'heures supplémentaires, précise-t-elle.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et La Presse

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