Le gouvernement Harper a confirmé mardi soir, par voie de communiqué, la nomination Gérard Latulippe au poste de président de Droits et démocratie.
Le gouvernement Harper confirme la nomination de Gérard Latulippe au poste de président de Droits et démocratie, alors que trois dirigeants de l'organisme sont démis de leurs fonctions.
Gérard Latulippe
La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, avait déjà proposé la candidature de M. Latulippe à la tête de l'organisme. Mais sa nomination n'avait pas encore été officiellement confirmée.
Son bureau avait donné à l'opposition jusqu'au 1er mars pour réagir à sa nomination annoncée. Le choix de M. Latulippe à la tête de l'organisme, qui relève du ministère des Affaires étrangères, est par tradition sujet à consultation, mais le gouvernement n'a pas d'obligation juridique de consulter l'opposition et encore moins de tenir compte de son avis.
Dès l'annonce de sa nomination, la semaine dernière, libéraux, néo-démocrates et bloquistes ont qualifié ce choix de partisan. Ex-candidat de l'Alliance canadienne, l'ancêtre du Parti conservateur actuel, Gérard Latulippe a été le lieutenant québécois au chef de l'Alliance de l'époque, Stockwell Day. Il est présentement en Haïti, où il oeuvre au sein de la National Democratic Institute, une organisation américaine qui vient en aide aux organisations politiques étrangères.
L'opposition a également critiqué certaines de ses positions. Lundi, des propos controversés sur l'immigration musulmane tenus dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables ont refait surface. Précédemment, le chef bloquiste, Gilles Duceppe, avait notamment critiqué ses positions sur la peine de mort et le mariage gai.
Il y a fort à parier que les récents événements à Droits et démocratie alimenteront les débats parlementaires, peu après la reprise des travaux, mercredi. Non seulement l'opposition rejette-t-elle la nomination de Gérard Latulippe, mais elle réclame une enquête sur la crise que traverse l'organisation.
Trois dirigeants congédiés
Cette annonce survient au moment où l'on apprend le congédiement de trois dirigeants de l'organisme.
Les trois dirigeants congédiés
Suspendus avec salaire la semaine dernière, Marie-France Cloutier, Razmik Panossian et Charles Vallerand ont officiellement été démis de leurs fonctions lundi, a indiqué leur avocat, Julius Grey. Aux yeux de cet avocat spécialisé en droits de la personne, cette décision est « complètement illégale ».
Il a révélé que ses clients entreprendraient une action en justice au cours des prochaines semaines, tant pour congédiement sans avis que pour dommage moraux et exemplaires.
Me Grey a laissé entendre que les raisons invoquées pour leur congédiement étaient reliées à de l'insubordination, mais a ajouté qu'il n'avait pas la liberté de donner plus de détails.
Il y a trois semaines, les trois directeurs avaient apposé leur signature sur une lettre ouverte, signée par 44 autres employés, dans laquelle ils expliquaient ne pas faire confiance au président du conseil d'administration, nommé par les conservateurs, ni à deux autres membres du conseil, à cause de leur comportement à l'endroit de certains employés.
Ils avaient notamment dénoncé les attaques personnelles systématiques des membres du conseil d'administration à l'endroit de l'ancien président Rémy Beauregard.
Lors de leur suspension, le 29 janvier, les trois directeurs avaient été soumis à une enquête interne. Le conseil d'administration les aurait soupçonnés d'avoir fourni des informations jugées sensibles aux médias.
La crise que traverse Droits et démocratie depuis plusieurs mois a été révélée après la mort de M. Beauregard. Celui-ci a succombé à une crise cardiaque dans la nuit du 7 au 8 janvier, quelques heures après une rencontre houleuse avec le conseil d'administration, qui lui reprochait notamment d'avoir subventionné des organismes jugés anti-israéliens.