La crise est loin d'être terminée

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le site web de l'organisme

Trois dirigeants de Droits et démocratie ont été suspendus après avoir réclamé la démission de trois membres du conseil d'administration de l'organisme, dont son président, Aurel Braun.

Trois dirigeants de Droits et démocratie sont suspendus après avoir réclamé la démission de trois membres du conseil d'administration de l'organisme, dont son président, Aurel Braun.

Suspendus avec salaire vendredi, Marie-France Cloutier, Razmik Panossian et Charles Vallerand font parallèlement l'objet d'une enquête interne, a révélé lundi la Presse canadienne sur la foi d'une source non identifiée. À l'emploi de l'organisme depuis 1990, Mme Cloutier, directrice de l'administration et des ressources, est l'une de ses plus anciennes employées.

Créé en 1988 par le Parlement canadien, Droits et démocratie est un organisme non partisan qui a pour mission d'appuyer les droits de la personne et de promouvoir la démocratie dans le monde. Il est financé par Ottawa, qui nomme aussi la plupart des membres de son conseil d'administration.

Un organisme dans la tourmente

Rémy Beauregard Rémy Beauregard (archives)

Droit et démocratie traverse depuis un an une véritable crise de confiance, révélée au grand jour par la mort de son président Rémy Beauregard, au début du mois dernier. M. Beauregard est mort d'une crise cardiaque après une réunion particulièrement tendue du conseil d'administration.

M. Beauregard, lui-même nommé par les conservateurs, divergeait d'opinion avec trois autres membres du conseil au sujet des politiques de l'organisme, notamment pour des questions reliées au Proche-Orient. Ces trois membres désapprouvaient l'aide financière accordée au groupe palestinien de défense des droits de la personne palestinien Al-Haq. Ils ont d'ailleurs soulevé la question dans une évaluation de performance sur M. Beauregard transmise au Conseil privé, le bureau du premier ministre.

M. Beauregard avait répliqué dans une lettre, dont La Presse canadienne a obtenu copie, qu'Al-Haq était appuyé par d'importantes organisations comme Amnistie Internationale et que des diplomates canadiens avaient rencontré le directeur général du groupe. Al-Haq a également reçu un financement de l'Agence canadienne de développement international par le passé. Il ajoutait qu'il était utilisé comme bouc émissaire dans une attaque menée contre la réputation de son organisation.

Lundi, des journalistes ont demandé au ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, si des organisations subventionnées par Ottawa devaient adhérer à une idéologie particulière en ce qui concerne Israël.

« Chaque organisme gouvernemental doit être tenu responsable vis-à-vis des contribuables, et je pense que cela est un principe important. » — Le ministre Jason Kenney

Il y a trois semaines, 47 employés ont expliqué dans une lettre ouverte ne pas faire confiance au président du conseil d'administration, nommé par les conservateurs, ni à deux autres membres du conseil, à cause de leur comportement à l'endroit de certains employés.

Ils leur reprochent aussi de s'être livrés à des « attaques personnelles systématiques » contre le président Rémy Beauregard dans les mois qui ont précédé son décès.

L'un des membres du conseil d'administration de Droits et Démocratie avec lesquels M. Beauregard divergeait d'opinion, Jacques Gauthier, a été nommé président par intérim la semaine dernière. Les employés ont ensuite reçu ordre de ne plus s'adresser aux médias.

Malgré tout, Mme Cloutier, M. Panossian et M. Vallerand ont publié une autre lettre ouverte, vendredi, dans laquelle ils défendent la position de M. Beauregard.

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