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National

Indépendance au Sri Lanka

Des Tamouls du Canada se prononcent

Mise à jour le samedi 19 décembre 2009 à 19 h 34

Des personnes identifiées comme des civils par l'armée sri-lankaise quittent la zone de guerre.

Photo: AFP/Armée sri-lankaise

Des personnes identifiées comme des civils par l'armée sri-lankaise quittent la zone de guerre (archives).

Des milliers de Tamouls établis au Canada votent samedi sur l'indépendance du pays qu'ils ont tenté de créer dans le nord-est du Sri Lanka durant les 35 années de la guerre civile.

Il s'agit d'un sondage qui est, en quelque sorte, un prélude à la formation d'un gouvernement national en exil dans la diaspora tamoule à l'échelle internationale.

Ce plébiscite est organisé par la coalition canadienne pour des élections tamoules. Elle se défend d'être à la solde des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), la guérilla séparatiste tamoule, qui a été anéantie au Sri Lanka.

Le porte-parole de cette coalition, Veluppillai Thangavelu, est pourtant l'ancien numéro deux du Mouvement tamoul mondial, qui est banni au Canada depuis qu'il a amassé des fonds pour le LTTE. Il assure que le vote sera « transparent, libre et démocratique ».

Des plébiscites semblables ont déjà eu lieu en France et en Norvège. C'est sans surprise que les électeurs ont voté pour l'indépendance.

Le Congrés tamoul canadien, qui est pro-indépendantiste, affirme qu'il n'a rien à voir avec ce scrutin, mais qu'il sera tout de même très attentif aux résultats.

Un scrutin controversé

Le vote ne fait toutefois pas l'unanimité. C'est le cas de Lenin Benedict qui se dissocie de ses compatriotes. Il dit que le LTTE est un « groupe terroriste interdit au Canada » et qu'il est illégal d'utiliser les écoles publiques comme bureaux de vote.

L'Association canadienne pour un Sri Lanka uni se méfie aussi du scrutin qu'elle qualifie de propagande. Selon elle, les Tamouls n'acceptent pas la reddition du LTTE et ils n'ont plus de parti politique au Parlement de Colombo.

Les organisateurs du referendum rétorquent que le plébiscite permettra de faire pression sur le Sri Lanka et qu'un éventuel gouvernement national tamoul saura faire valoir les droits de la diaspora.

Pour sa part, le conseil scolaire public anglais de Toronto affirme que ses espaces sont ouverts aux activités de ses différentes communautés culturelles.

Le Canada compte la plus grande communauté tamoule à l'extérieur du Sri Lanka et de l'Inde. Près de 300 000 vivent dans la grande région de Toronto.

D'après un reportage de Jean-Philippe Nadeau

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