Données objectives à l'appui, l'Association québécoise pour la prévention du suicide se joint aux syndicats de policiers, aux proches des victimes de Polytechnique et à la Coalition pour le contrôle des armes à feu pour demander le maintien du registre.
D'autres voix s'élèvent à la défense du registre des armes à feu.
L'Association québécoise pour la prévention du suicide se joint aux syndicats de policiers, aux proches des victimes de Polytechnique et à la Coalition pour le contrôle des armes à feu pour demander aux parlementaires fédéraux de ne pas mettre fin à l'enregistrement des armes d'épaule.
En conférence de presse, mardi, l'Association québécoise pour la prévention du suicide a déclaré que le registre sauvait des vies, notamment celle de certains candidats au suicide.
Le directeur général du regroupement, Bruno Marchand, rapporte une baisse notable des suicides par arme à feu au Québec entre 1990 et 2007 (334 contre 137), et le frein à l'accès aux armes que constitue le registre n'est pas selon lui étranger à ce progrès.
Il avance que les recherches prouvent que lorsqu'un moyen n'est plus accessible et disponible, la personne désespérée ne déplace pas nécessairement son moyen vers un autre, mais a plutôt le temps de se détourner de son funeste projet. Pourquoi se priver d'outil précieux, se demande-t-il?
Le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, a souligné que la fin de l'enregistrement des armes de chasse ou d'épaule ne permettrait d'économiser que 3 millions de dollars par année, montant selon lui trop peu important par rapport aux coûts des blessures et des décès causés par ce type d'arme à feu.
L'homme a d'ailleurs participé à l'intervention lors de la tuerie de Polytechnique, le 6 décembre 1989. Il déclare que le Ruger mini 14 qui a été utilisé par l'assassin sera l'une des armes non inscrites au registre, parce qu'elle est considérée comme une arme de chasse. Une aberration complète, selon lui.
Le projet de loi qui vise à retirer du registre des armes à feu les armes de chasse a été adopté en deuxième lecture à la Chambre des communes au début du mois de novembre par 164 voix contre 137. Les conservateurs ont voté pour, appuyés par quelques libéraux et néo-démocrates. Tous les députés du Bloc québécois s'y sont opposés.
Le projet a ensuite été transmis à un comité pour une étude plus approfondie, avant d'être soumis à un vote final.
L'Assemblée nationale du Québec avait de son côté vainement tenté d'infléchir le vote des députés fédéraux par l'adoption, à l'unanimité, d'une motion pour le maintien du registre.
Selon les détracteurs du registre, celui-ci n'a pas été efficace pour faire diminuer la criminalité et a fait perdre un milliard de dollars aux contribuables. Ses adeptes, dont plusieurs associations de policiers, affirment plutôt qu'il a contribué à sauver des vies.