Nouvelle rebuffade pour Harper

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le premier ministre Stephen Harper a prononcé un discours à Shanghai. Le premier ministre Stephen Harper a prononcé un discours à Shanghai.   © PC/AP/Sean Kilpatrick

Le premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré sans ambiguïté vendredi que l'attitude préconisée par le gouvernement conservateur de Stephen Harper a contribué à créer des relations allant de « froides à glaciales » entre Ottawa et Pékin.

Le PM chinois Wen Jiabao déclare ouvertement que l'attitude du gouvernement de Stephen Harper envers Pékin a créé des relations allant de « froides à glaciales », mais se dit prêt à tourner la page. M. Harper maintient qu'il croit à un « dialogue franc » sur les droits de la personne.

Dans une entrevue accordée à des journalistes et dont des extraits ont été diffusés dans le quotidien en langue anglaise China Daily, M. Jiabao précise cependant qu'il est prêt à passer l'éponge et dit espérer que la visite du premier ministre canadien permettra de rétablir une « confiance mutuelle ».

« C'est à contrecoeur que nous avons vu le Canada nous aliéner au cours des dernières années. Cela a nui à nos relations commerciales et à nos échanges personnels », explique le premier ministre Wen.

« La clé [pour des relations bilatérales saines] est le respect mutuel, l'égalité et la capacité à s'intéresser à nos intérêts vitaux respectifs. J'espère que la visite permettra de résoudre les problèmes de confiance mutuelle.

Le China Daily note que Pékin a été irrité par le fait que le premier ministre appuie ouvertement le dalaï-lama et qu'il ait choisi de ne pas participer à la cérémonie des Jeux olympiques de Pékin l'été dernier.

Jeudi, le premier ministre Wen a noté devant les caméras de télévision que la dernière visite d'un premier ministre canadien en Chine avait eu lieu il y a cinq ans et que cet écart entre les deux visites était « trop long ».

Le premier ministre Harper a rétorqué qu'il s'est aussi écoulé cinq ans depuis qu'un dirigeant chinois a mis les pieds au Canada. Selon la Presse canadienne, M. Harper a admis en privé qu'il ne s'attendait pas à cette remontrance.

Lors d'une rencontre tenue précédemment, le président chinois Hu Jintao avait lui aussi souligné à deux reprises le fait que M. Harper en était à sa première visite en Chine.

Consultez le blogue d'Emmanuelle Latraverse, qui suit Stephen Harper en Chine

Visite à Shanghai

Le premier ministre Harper connaît par ailleurs un autre revers dans le cadre de cette visite. La rencontre qu'il devait avoir samedi avec le maire de Shanghai, Hang Zheng, a été annulée. La délégation canadienne s'est fait dire que le maire de la capitale économique et culturelle de l'Empire du Milieu a été sommé de se rendre à Pékin.

Stephen Harper s'est tout de même rendu à Shanghai vendredi. Dans un discours prononcé devant environ 500 hommes d'affaires - le seul qu'il donne au cours de ce voyage - il a présenté sa vision des relations commerciales entre Ottawa et Pékin. Il a précisé que l'essor de ces relations ne peut se faire au profit d'un silence sur les questions relatives au droit de l'homme.

« Notre gouvernement croit et a toujours cru qu'une relation économique mutuellement bénéfique n'est pas incompatible avec un bon et franc dialogue sur les valeurs fondamentales, comme la liberté, les droits de la personne et le respect de la règle de droit », a-t-il dit.

Bien au courant des énormes besoins énergétiques de la Chine, le premier ministre Harper a particulièrement insisté dans son discours sur les ressources naturelles dont dispose le Canada, qu'il s'agisse de pétrole, de gaz naturel ou d'uranium. Le Canada, a-t-il insisté, peut fournir les sources d'énergie stables dont la Chine a besoin.