Les premiers ministres chinois et canadien, Wen Jiabao et Stephen Harper
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AFP/Liu Jin
À Pékin, Stephen Harper a rencontré coup sur coup jeudi le président chinois Hu Jintao et son premier ministre, Wen Jiabao. Tous deux ont souligné le fait que le premier ministre canadien a tardé à effectuer une visite officielle dans l'Empire du Milieu.
Le premier ministre chinois Wen Jiabao profite de sa rencontre avec Stephen Harper pour déclarer que la dernière visite d'un premier ministre canadien à Pékin remonte à cinq ans, soit « il y a trop longtemps ».
Devant les caméras de télévision, le premier ministre Wen a noté que la dernière visite d'un premier ministre canadien en Chine avait eu lieu il y a cinq ans et que cet écart entre les deux visites était « trop long ».
Le premier ministre Harper a rétorqué qu'il s'est aussi écoulé cinq ans depuis qu'un dirigeant chinois a mis les pieds au Canada.
Lors d'une rencontre tenue précédemment, le président Hu a aussi souligné à deux reprises le fait que M. Harper en était à sa première visite en Chine.
Réaction libérale
À Ottawa, l'opposition a commenté ces reproches adressés à Stephen Harper par Pékin.
Pour le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, c'est toute une rebuffade qu'a reçue le premier ministre. « C'est un reproche sans pareil à un premier ministre canadien. Nous avons 40 ans de bonne relation avec les autorités chinoises, et c'était comme si le premier ministre était giflé en public. Alors, ça va coûter des emplois aux Canadiens, c'est ça qui est crucial », a déclaré M. Ignatieff.
Le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, estime pour sa part que le premier ministre récolte les fruits de son indifférence envers la Chine, au cours des quatre dernières années. Il a souligné que telles critiques sont inhabituelles en diplomatie chinoise et qu'elles doivent donc être prises au sérieux.
Il a également estimé que le Canada ne pouvait pas ignorer un pays peuplé de plus d'un milliard de personnes.
Cependant, malgré ces échanges peu diplomatiques, le Canada ne sort pas bredouille de ces rencontres. Après des années de négociations, la Chine a finalement accordé le statut de « destination approuvée » au Canada.
Ce statut facilitera la tâche aux touristes, aux étudiants et aux hommes d'affaires chinois qui veulent obtenir un visa pour venir au Canada. Selon le bureau du premier ministre, cette entente pourrait entraîner des retombées de 100 millions de dollars pour le Canada.
Au terme de leur rencontre, le premier ministre Harper et le président Hu ont aussi annoncé la signature de plusieurs protocoles d'entente, notamment en matière d'énergie propre et d'efficacité énergétique, d'agriculture et de transport maritime.
La Chine a également fait savoir qu'elle ouvrira un consulat à Montréal.
Objectif: améliorer les relations bilatérales
C'est la première fois depuis qu'il a pris le pouvoir, il y a bientôt quatre ans, que le premier ministre Harper se rend en Chine. Les relations entre les deux pays sont considérées comme froides, en raison notamment des commentaires du premier ministre canadien sur le respect des droits de l'homme en Chine.
M. Harper a été l'un des rares chefs d'État ou de gouvernement à ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, l'été dernier, et son appui très clair au dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, n'a guère plu à Pékin, qui le considère comme un dangereux séparatiste.
Stephen Harper et le président chinois Hu Jintao
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AFP/Liu Jin
La visite de M. Harper en Chine vise à améliorer les relations entre les deux pays, qui sont considérées comme tendues. « Nous espérons accroître la compréhension, étendre la coopération et amener les relations entre la Chine et le Canada à un nouveau niveau », a déclaré M. Hu, après avoir accueilli M. Harper au Palais du peuple.
Les échanges commerciaux entre le Canada et la Chine ont atteint un record de 53,1 milliards de dollars en 2008, selon les responsables canadiens. Le Canada importe cependant quatre fois plus de produits qu'il n'en exporte.