Mohammed Mahjoub entouré de ses enfants (archives)
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PC/HO
La Cour fédérale a ordonné, lundi, la remise en liberté de Mohammed Mahjoub, un résident permament canadien d'origine égyptienne visé par un certificat de sécurité en raison de liens présumés avec des terroristes. Dans son communiqué, le tribunal écrit que « le danger que pose Monsieur Mahjoub pour la sécurité nationale ou la sécurité d'autrui peut être neutralisé en assortissant de conditions sa mise en liberté ».
La Cour fédérale ordonne la libération sous condition de Mohammed Mahjoub, un Égyptien visé par un certificat de sécurité. Selon le tribunal, il ne pose pas de danger à la sécurité du Canada.
Il pourra vivre seul, mais sera assujetti à une « surveillance appropriée », dont le port d'un bracelet électronique, et pourra faire des « sorties restreintes non supervisées ». La cour explique que ses conditions seront moins strictes que lors de sa libération précédente.
Mohammed Mahjoub est détenu au Centre de surveillance de l'immigration de Kingston (CSIK), en Ontario, depuis mars 2009. Il y était retourné de son plein gré, après avoir été libéré sous condition il y a un peu plus de deux ans. Il avait invoqué les trop grandes restrictions que la situation imposait à sa famille.
Au moment de la décision de la cour, Mohammed Mahjoub en était à sa 182e journée de grève de la faim. Il réclamait une vérification indépendante d'une plainte reliée à ses conditions de détention.
Disant craindre pour sa santé, il venait par ailleurs de demander son transfert dans un centre hospitalier de Kingston. Le mois dernier, il a affirmé avoir perdu 50 livres. Le député néo-démocrate Bill Siksay a affirmé, lundi que « cette grève de la faim a[vait] pris une tournure dangereuse ». Arrêté au printemps 2000, Mohammed Mahjoub avait entamé une autre grève de la faim, en décembre 2006.
Le Service canadien du renseignement de sécurité soupçonne Mohammed Mahjoub d'être un membre de haut rang de « L'avant-garde de la conquête », une faction radicale du Jihad islamique égyptien. Ce groupe, qui a fusionné avec Al-Qaïda en 1998, vise le renversement du gouvernement égyptien. Une cour égyptienne l'a par ailleurs condamné par contumace à 15 ans de prison. Lui-même a toujours nié les accusations de liens avec des terroristes.
Le gouvernement fédéral tente depuis plusieurs années de l'expulser du pays même si aucune accusation n'a été portée contre lui. En décembre 2006, la justice canadienne a rejeté une tentative pour l'expulser vers l'Égypte, estimant qu'il risquait d'y être torturé. C'est le dernier détenu emprisonné au CSIK.