Une dizaine de prisonniers afghans sont escortés par des soldats canadiens. (Archive)
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AFP/John D. McHugh
Un comité spécial des Communes décide de mener sa propre enquête sur le transfert de prisonniers afghans par des militaires canadiens, deux semaines après la suspension des travaux de la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire.
Un comité spécial de la Chambre des communes a décidé de mener sa propre enquête au sujet du transfert de prisonniers afghans par des militaires canadiens. Cette annonce survient deux semaines après que la Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire (CEPPM), chargée d'examiner ce dossier, eut suspendu indéfiniment ses travaux.
Le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois se sont réunis à huis clos, mercredi, pour lancer les travaux de cette enquête. Cette dernière vise à déterminer si les hauts dirigeants de l'armée canadienne savaient que les détenus afghans risquaient d'être torturés et si le gouvernement a tenté d'étouffer l'affaire.
Les audiences du comité spécial sur la mission canadienne en Afghanistan pourraient débuter dès la semaine prochaine. Comme tous les organismes relevant de la Chambre des communes, le comité spécial a le pouvoir d'émettre des assignations à comparaître.
L'ex-diplomate Richard Colvin, qui a fait des révélations explosives dans une déclaration sous serment à la CEPPM, figure sur les liste de témoins que les libéraux et les néo-démocrates ont établies de façon séparée.
Le 26 mai 2006, alors qu'il était en poste en Afghanistan, M. Colvin a rédigé un rapport alarmant sur les mauvais traitements subis par les prisonniers afghans après une visite à la prison de Sarpoza. Le diplomate canadien affirme qu'il a envoyé ce rapport au ministère des Affaires étrangères, au ministère de la Défense et à des responsables militaires de haut rang. Quinze autres rapports sur le même sujet ont suivi jusqu'à l'automne 2007.
Après la publication d'une série d'articles par le quotidien The Globe and Mail, au printemps 2007, le premier ministre Harper a pourtant répété à plusieurs reprises n'avoir jamais reçu d'informations crédibles concernant des allégations de mauvais traitements subis par les prisonniers afghans.
De leur côté, les ministres concernés et l'ex-chef d'état-major de la Défense, Rick Hillier, soutiennent n'avoir jamais vu ces rapports. Peter MacKay, l'actuel ministre de la Défense et ministre des Affaires étrangères de l'époque, s'est même dit prêt à venir s'expliquer devant un comité parlementaire.
M. Colvin a été cité comme témoin dans le cadre de l'enquête de la CEPPM, mais les avocats fédéraux ont invoqué l'article sur la sécurité nationale pour l'empêcher de révéler la plupart des choses qu'il savait. Ils ont également tenté de retirer son nom de la liste des témoins. L'enquête de la CEPPM a été suspendue puisque les avocats ne s'entendent pas sur l'étendue de ses pouvoirs.
Les libéraux ont réclamé la tenue d'une enquête parlementaire sur le sujet.