Des détenus revendiquent le droit de fumer

Une cigarette

À Montréal, la Cour fédérale entend mercredi la cause de 19 criminels québécois notoires, qui réclament le droit de fumer dans les parties extérieures des établissements fédéraux depuis mai 2008. Il était déjà interdit de fumer à l'intérieur des établissements fédéraux depuis 2006.

Des prisonniers québécois demandent à la Cour fédérale d'invalider une directive de Service correctionnel du Canada, qui leur interdit de fumer à l'extérieur des murs des pénitenciers. Leur avocat, Julius Grey, invoque la Charte des droits et libertés.

Les prisonniers québécois, défendus par Me Julius Grey, arguent que la directive de Service correctionnel du Canada contrevient à la Charte des droits et libertés et qu'elle est discriminatoire, puisque les gardiens de prison ont toujours le droit de fumer dans une zone qui leur est réservée.

Selon Me Grey, cette décision qu'il qualifie d'excessive est attribuable à deux arguments relevant de la seule rectitude politique, à savoir que la lutte au tabagisme doit être sans merci et que les prisonniers peuvent être impunément privés de tous leurs droits.

L'avocat plaide que la cigarette est une substance légale, que la décision de fumer est un choix personnel et qu'il est illogique de priver les détenus de la possibilité de fumer à l'extérieur des murs des pénitenciers. Il réclame que la directive soit abolie.

Service correctionnel du Canada et le Syndicat des agents correctionnels du Canada affirment tous deux que l'interdiction de fumer est nécessaire pour protéger la santé des prisonniers et des gardiens de prison, même si cela a pour conséquence d'accroître la contrebande de tabac.

Dans des affidavits, les détenus québécois, qui proviennent de quatre pénitenciers différents, soutiennent que cette décision leur cause toutes sortes de problèmes, comme des maux de tête, des troubles du sommeil et du stress. Ils soutiennent en outre que les gardiens de prison ne se gênent pas pour les narguer.

Plusieurs des plaignants dans cette cause sont des criminels célèbres, dont Gérald Matticks, ex-chef du Gang de l'Ouest, condamné à 12 ans de prison pour importation de stupéfiant, le motard Benoît Guimond, condamné pour le meurtre d'un adolescent à l'extérieur d'un bar de Montréal et Daniel Patry, l'assassin d'un marionnettiste de l'émission Passe-Partout, Pierre Régimbald.

Selon des chiffres fournis par Service correctionnel du Canada, trois détenus sur quatre sont fumeurs. Dans les semaines qui ont suivi la mise en oeuvre de la directive, des programmes d'aide contre le tabagisme ont été offerts aux détenus. Ces programmes étant terminés, les prisonniers doivent maintenant se procurer de la gomme à la nicotine par eux-mêmes.