![]() National Montréal Ingrid Betancourt honoréeMise à jour le samedi 26 septembre 2009 à 21 h 06
La visite d'Ingrid Betancourt au pays tire à sa fin. L'ex-otage a reçu en journée un doctorat honorifique de l'Université de Montréal en reconnaissance de sa lutte contre la violence et la corruption en Colombie et pour son engagement dans la lutte pour la libération des otages politiques. Plus tôt, elle a signé le livre d'or de la Ville de Montréal avant de s'entretenir avec le maire Gérald Tremblay. Vendredi soir, elle a rencontré le public au Palais des congrès de Montréal.
Dans le cadre d'une édition spéciale de l'émission 24 heures en 60 minutes, diffusée à RDI, celle qui a été otage aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pendant six ans a répondu aux questions des personnes venues assister à sa conférence publique. Mme Betancourt a raconté ses années de captivité dans la jungle. Elle dit avoir pardonné aux FARC, même si elle n'approuve pas leurs méthodes. D'ailleurs, elle croit que l'amour et la compréhension peuvent venir à bout du terrorisme. Jeudi soir, elle a reçu le Prix international du courage au féminin de Reporters sans frontières et Radio-Canada. Ce prix soulignant son courage dans sa lutte pour le respect des libertés et des droits de la personne lui a été remis par la gouverneure générale Michaëlle Jean, lors d'un gala qui s'est tenu dans un hôtel de Montréal. Samedi, l'Université de Montréal lui décernera un doctorat honorifique en reconnaissance de sa lutte contre la violence et la corruption en Colombie. Ex-candidate aux élections colombiennes, Ingrid Betancourt a été gardée en otage pendant six ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Depuis sa libération, en juillet 2008, elle se consacre à la lutte contre les violations des droits de la personne. Médaille de l'Assemblée nationale
Mercredi, elle a déjà reçu la médaille de l'Assemblée nationale lors d'une cérémonie protocolaire. Cette distinction lui a été attribuée en raison de son engagement pour la démocratie, les droits de la personne et la liberté d'expression. Le premier ministre Jean Charest a souligné le courage et l'engagement dont elle a fait preuve, retraçant son parcours de femme engagée. « En menant cette lutte, vous portiez l'espoir du peuple colombien », a déclaré le premier ministre Charest. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a de son côté salué la résilience de la politicienne et de la femme. La principale intéressée a ensuite remercié l'Assemblée nationale dans un discours plein d'émotion, dans lequel elle a évoqué ses compagnons restés prisonniers. Elle a aussi chaudement souligné l'appui du Québec à la cause des otages dont elle a fait partie. « Vous avez été précurseurs dans la défense des otages. [...] Sans vous, je serais probablement encore là-bas », a-t-elle dit. « Il n'y avait pas un jour sans souffrance »
Dans une entrevue accordée à Céline Galipeau, du Téléjournal, celle qui dit « s'adapter très facilement au bonheur » depuis son retour à la vie normale préfère taire plusieurs des obstacles qu'elle a dû surmonter. Elle décrit sa captivité comme « une planète dans laquelle on n'a rien, rien, rien ». Déplorant les permissions à demander, les humiliations, les mauvais traitements, le chaud, le froid, les « bestioles », elle parle d'un « enfer vivant », mais dit que « la pire des souffrances est infligée par la méchanceté humaine ». Elle soutient qu'elle n'a pas eu peur de souffrir ni même de mourir: « Il n'y avait pas un jour sans souffrance. [...] À un certain degré, je trouvais que la mort pouvait être un soulagement. » La foi en Dieu l'a aidée à tenir le coup, ajoute-t-elle, disant y avoir trouvé un sens à ce qu'elle vivait. « J'ai pu accepter de vivre en me disant: "un jour, je sortirai et je serai un meilleur être humain. Je serai meilleure mère, meilleure fille, meilleure soeur, meilleure amie. Meilleure." » Celle qui a fait l'objet de critiques de la part d'autres otages admet que « la cohabitation était terriblement dure » et qu'elle a « eu des relations difficiles avec certains et [...] des relations extraordinaires avec d'autres ». « Je pense que beaucoup de mes compagnons souffraient parce que j'avais peut-être une exposition et qu'ils se sentaient abandonnés », poursuit-elle. « Entre otages, il y a beaucoup de cruauté aussi. » L'ancienne candidate à la présidence de Colombie dit avoir abandonné ses ambitions politiques. « J'ai un rêve, beaucoup plus ambitieux peut-être, beaucoup plus intime aussi, qui est celui de changer le monde. Je n'aime pas le monde dans lequel nous vivons. [...] Mais j'ai aussi compris dans la jungle que pour changer le monde, il faut d'abord se changer soi-même. » La venue au Québec d'Ingrid Betancourt a été rendue possible grâce à l'initiative de Reporters sans frontières et de l'Institut du Nouveau Monde. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
En profondeur
Betancourt : une femme libre
audio-vidéo
Colombie : l'armée libère Ingrid Betancourt Ingrid Betancourt: la lutte continueBiographie de l'ex-candidate à la présidence de la Colombie, prisonnière de la guérilla des FARC pendant plus de six ans.
Le discours d'Ingrid Betancourt à l'Assemblée nationale (première partie)
Le discours d'Ingrid Betancourt (deuxième partie)
Le reportage de Josée Thibeault
Céline Galipeau s'entretient avec Ingrid Betancourt.
Jean-François Lépine présente la Franco-Colombienne, qui n'a pas reçu que des éloges depuis sa libération, il y a un an.
Les précisions de Marie-Hélène Tremblay
Désautels: Myriam Fimbry présente Yolanda Pulecio Betancourt, qui s'est battue corps et âme pendant la détention de sa fille.
Hyperliens externes
* Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes Console Audio-vidéo
|