Abousfian Abdelrazik a affirmé avoir été torturé, lors d'une conférence de presse tenue le 23 juillet.
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PC/Sean Kilpatrick
Abousfian Abdelrazik, coincé au Soudan pendant six ans, poursuit Ottawa et le ministre Cannon pour 27 millions de dollars et exprime sa volonté que le gouvernement tire des leçons de son calvaire.
Abousfian Abdelrazik, ce Montréalais qui est resté coincé au Soudan pendant six ans parce que le Canada refusait de lui délivrer un passeport, entame une poursuite de 27 millions de dollars contre le gouvernement fédéral et le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, personnellement. C'est plus du double de la somme obtenue par Maher Arar, un autre citoyen canadien torturé, lui, en Syrie.
L'homme, qui a finalement pu rentrer au pays cet été après qu'Ottawa a épuisé tous les recours et a dû se conformer à l'ordre de la Cour de rapatrier, juge avoir subi d'importants sévices. Sa vie, dit-il, a été réduite en miettes à la suite de cette longue mésaventure.
Dans sa déclaration en dommages et intérêts obtenue par Le Devoir ainsi que par des médias anglophones, M. Abdelrazik soutient notamment que le gouvernement du Canada a enfreint son droit à la liberté et à la sécurité en ne déployant aucun effort pour le sortir de cette impasse diplomatique. Cette poursuite vise aussi à encourager Ottawa à tirer les leçons qui s'imposent de son histoire.
Il considère également que M. Cannon a commis une « faute dans l'exercice d'une charge publique » en le taxant de terroriste et en refusant de lui délivrer un passeport.
Plus d'un an à l'ambassade
Rappelons qu'Abousfian Abdelrazik s'est réfugié à l'ambassade canadienne à Khartoum pendant plus d'un an avant d'être finalement rapatrié.
Le ministre Cannon a toujours affirmé que le nom d'Abousfian Abdelrazik se trouvant sur la liste d'interdiction de vol de l'Organisation des Nations unies, il ne pouvait lui fournir un passeport pour rentrer au Canada.
Arrêté au Soudan en 2003, sans être officiellement accusé, Abousfian Abdelrazik affirme avoir été torturé durant sa détention. Le gouvernement Harper a récemment été interpellé pour d'autres affaires concernant des ressortissants canadiens à l'étranger.
Ignatieff dénonce l'attitude d'Ottawa
En marge d'une conférence de presse, jeudi, le chef libéral Michael Ignatieff a commenté la poursuite, dénonçant une nouvelle fois l'attitude du gouvernement Harper dans ce dossier comme dans plusieurs autres touchant des ressortissants canadiens à l'étranger. Il juge que les droits fondamentaux de monsieur Abdelrazik ont été bafoués:
Les droits conférés par un passeport, dit le chef libéral, sont aveugles et s'appliquent à tous.