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National Isotopes médicaux

Une solution exigée

Mise à jour le lundi 15 juin 2009 à 19 h 17

Centrale de Chalk River

Photo: La Presse Canadienne /Fred Chartrand

Centrale de Chalk River

La crise des isotopes médicaux au Canada dépasse les frontières et inquiète les sommités mondiales de la médecine nucléaire.

Lundi, la Société de médecine nucléaire a pressé les gouvernements occidentaux, dont celui du Canada, de trouver une solution à la pénurie d'isotopes médicaux.

Selon le président de l'organisation, Robert Atcher, les gouvernements doivent pallier le problème, car les conséquences pourraient être dévastatrices: « Nous faisons face à l'une des plus grandes menaces de la médecine moderne ».

M. Atcher a lancé cet avertissement de Toronto, où des milliers de scientifiques de 70 pays sont réunis cette semaine, à l'occasion de la conférence annuelle de la Société de médecine nucléaire.

La pénurie d'isotopes médicaux a des effets partout dans le monde. Des examens essentiels de médecine nucléaire doivent être reportés.

Le réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, ne produit plus d'isotopes médicaux depuis sa fermeture, le 15 mai dernier, en raison d'une fuite d'eau lourde. Il produit près de 40 % de l'ensemble des isotopes dans le monde et plus de la moitié des isotopes de type technétium 99, ce qui fait du Canada un chef de file dans le domaine.

Les responsables du réacteur affirment ne pas savoir quand il pourra être rouvert, mais vraisemblablement, cela n'aura pas lieu avant trois mois, comme anticipé.

Le réacteur a plus de cinquante ans. Mais selon le professeur Christopher Thompson, qui a travaillé pour Énergie atomique Canada à la fin des années 1960, déjà, à l'époque, on considérait Chalk River désuet.

« J'ai trouvé qu'il n'y a pas eu grand changement depuis ce temps-là. Ils n'ont peut-être pas investi dans le renouvellement comme ils devraient le faire », avance-t-il.

Trouver une solution de rechange

En plus de Chalk River, les quatre autres réacteurs producteurs d'isotopes médicaux dans le monde ont tous plus de 40 ans. Selon la Société de médecine nucléaire, les gouvernements doivent intervenir pour moderniser les installations et en construire de nouvelles, surtout que le gouvernement Harper a annoncé que le Canada se retirerait de la production d'isotopes médicaux en 2016. Selon les médecins, les gouvernements auraient dû être beaucoup plus prévoyants.

« C'est une situation qui aurait dû être anticipée. Les États-Unis auraient dû penser, eux aussi, il y a quelques années, à avoir un centre de production intérieur en plus du Canada », dit la Dre Dominique Delbeke, qui vient d'être élue à la présidence du chapitre américain de la Société de médecine nucléaire.

En attendant, le gouvernement Harper a nommé un conseiller spécial pour l'aider à trouver des solutions à la crise des isotopes. Il s'agit du Dr Alexander McEwan, un expert dans les isotopes médicaux. Ce dernier devra conseiller la ministre de la Santé Leona Aglukkaq, afin de trouver des solutions de rechange aux isotopes radioactifs. Cela, selon lui, est inévitable, du moins à court terme.

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