Abousfian Abdelrazik
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PC/Graham Hughes
Abousfian Abdelrazik, ce Canadien d'origine soudanaise retenu au Soudan, doit être rapatrié par le gouvernement canadien, estime la Cour fédérale.
La Cour fédérale affirme que les droits d'Abousfian Abdelrazik, ce ressortissant retenu au Soudan, ont été violés et qu'Ottawa doit prendre les moyens pour le ramener au pays.
Dans une décision rendue jeudi, le juge Russel W. Zinn affirme que les droits de M. Abdelrazik en vertu du paragraphe 6 de la Charte canadienne des droits et libertés, sur les droits de circulation et d'établissement, ont été violés. Il ajoute que le gouvernement de Stephen Harper n'a donné aucune justification de son refus de fournir un passeport au demandeur.
Par conséquent, le juge Zinn ordonne à Ottawa « de prendre des mesures pour faire revenir le demandeur au Canada » d'ici 30 jours. Il cite M. Abdelrazik à comparaître devant lui, à Montréal, le 7 juillet prochain. Le gouvernement peut cependant faire appel du jugement.
Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a toujours affirmé que, le nom d'Abousfian Abdelrazik se trouvant sur la liste d'interdiction de vol de l'Organisation des Nations unies, il ne pouvait le rapatrier au Canada. Le Conseil de sécurité de l'ONU soupçonne en effet M. Abdelrazik de liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda.
Pourtant, le responsable de l'équipe de surveillance des activités d'Al-Qaïda à l'ONU, Richard Barrett, a déjà fait savoir que le Canada pouvait autoriser M. Abdelrazik à rentrer au pays, même si son nom figure sur cette liste noire.
Arrêté au Soudan en 2003, sans être officiellement accusé, Abousfian Abdelrazik affirme avoir été torturé durant sa détention. Il se trouve à l'ambassade du Canada depuis avril 2008, de peur d'être arrêté par les autorités soudanaises.