La ministre Lisa Raitt
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PC/Fred Chartrand
Un an après l'affaire Maxime Bernier, un nouvel oubli de documents importants met le gouvernement Harper dans l'embarras.
Des documents importants sur Énergie atomique du Canada sont oubliés dans une station du réseau CTV. Un an après l'affaire Maxime Bernier, le premier ministre Harper refuse la démission de la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt.
Des documents portant sur Énergie atomique du Canada Limitée (EACL) ont été oubliés dans une station du réseau de télévision CTV News, à Ottawa, après une entrevue accordée jeudi dernier par la ministre des Ressources naturelles, Lisa Raitt.
La ministre Raitt a offert de démissionner, mais le premier ministre Stephen Harper a refusé sa démission. C'est finalement l'attachée politique de Mme Raitt, Jasmine MacDonnell, 26 ans, qui a écopé, après que le bureau du premier ministre du Canada eut enquêté sur les circonstances de cet incident.
Le réseau CTV a révélé l'information dans un reportage diffusé mardi soir. Un employé du gouvernement fédéral a finalement récupéré mercredi matin les documents, dont certains étaient classés « secrets ».
C'est l'attachée politique (à gauche) de la ministre Lisa Raitt qui a écopé.
Selon le reportage de CTV News, des notes contenues dans ce dossier révèlent que le gouvernement fédéral a versé 1,7 milliard de dollars à EACL depuis 2006, et que l'agence fédérale a présenté des dépassements de coûts de 100 millions de dollars depuis le début de l'année.
De plus, Ottawa a octroyé 72 millions pour maintenir en fonction le réacteur de Chalk River, en Ontario. EACL a récemment annoncé la fermeture du réacteur de Chalk River pendant trois mois pour réparations, à la suite d'une importante fuite d'eau lourde.
Ottawa a également annoncé la semaine dernière qu'il vendrait une partie d'EACL au secteur privé.
L'opposition réagit
Le député libéral David McGuinty a souligné que cet oubli ne pouvait survenir à un pire moment. « Si elle n'a même pas la compétence de bien gérer ses documents de ministre dans un Cabinet, comment peut-on croire qu'elle a la compétence pour gérer ce qui se passe à Chalk River? » a-t-il demandé.
Pour sa part, le député libéral Denis Coderre a rappelé que le premier ministre Harper avait accepté la démission de l'ex-ministre Maxime Bernier, justement parce qu'il avait oublié des documents chez son amie Julie Couillard. L'affaire avait défrayé la manchette pendant plusieurs semaines. M. Coderre a estimé que M. Harper devait être cohérent dans cette affaire.
Mercredi, Maxime Bernier a déclaré qu'il n'avait aucun conseil à donner à sa collègue Lisa Raitt. Il a rappelé qu'il avait vécu des moments difficiles, mais qu'il avait depuis été réélu avec une forte majorité et qu'il présidait maintenant le comité parlementaire de la Défense nationale.
À la Chambre des communes, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique se demandaient si la ministre Raitt avait bénéficié d'un traitement de faveur. Le député néo-démocrate Thomas Mulcair a parlé de « deux poids, deux mesures ».
De son côté, le chef bloquiste Gilles Duceppe a laissé entendre que le premier ministre Harper n'avait peut-être pas donné les véritables raisons ayant mené à la démission de Maxime Bernier, l'an dernier.
En réponse aux questions de l'opposition, la ministre Raitt a répété une douzaine de fois que les mesures correctives appropriées avaient été prises au sein de son équipe. Elle a souligné que sa démission avait été refusée par le premier ministre.
Un cas différent, dit Harper
En point de presse à Québec, le premier ministre Harper a affirmé que la ministre Raitt n'était pas responsable de l'oubli. Il a indiqué que les changements nécessaires étaient apportés au ministère des Ressources naturelles.
M. Harper a expliqué que le cas de l'ex-ministre Bernier était beaucoup plus personnel, donc très différent. Il a conclu que Maxime Bernier avait beaucoup appris de cette expérience et qu'il était un membre important de l'équipe conservatrice.
Dans la foulée de l'affaire Bernier, le chef conservateur était allé jusqu'à élaborer un guide pour tenir ses ministres personnellement responsables de leurs documents.