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National Isotopes médicaux

Au moins trois mois d'arrêt

Mise à jour le mercredi 27 mai 2009 à 17 h 54

Un panneau de contrôle de la centrale nucléaire de Chalk River en Ontario

Photo: La Presse Canadienne /Fred Chartrand

Un panneau de contrôle de la centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario (archives)

Énergie atomique du Canada (EACL) a annoncé mercredi que la réparation du réacteur de Chalk River durera au mois trois mois. La semaine dernière, EACL estimait que l'arrêt de la centrale serait d'une durée d'au moins un mois.

L'agence fédérale explique ce délai par les tests requis pour connaître l'étendue exacte et la nature des réparations nécessaires avant la remise en marche du réacteur.

Les tests menés sur la paroi extérieure du réacteur ont révélé de nouveaux points de corrosion. EACL s'apprête maintenant à inspecter l'intérieur de la structure.

Tant que tous les tests n'auront pas été effectués, il sera impossible de fixer une date précise pour la remise en service du réacteur, a de son côté prévenu le président-directeur général d'Énergie atomique du Canada, Hugh MacDiarmid.

Le réacteur de Chalk River, vieux de 50 ans, produit près de 40 % de l'ensemble des isotopes dans le monde et plus de la moitié des isotopes de type technétium 99, ce qui fait du Canada un chef de file dans le domaine.

Selon Jean Koclas, professeur au Département de génie physique de l'École polytechnique de Montréal, « c'est évident qu'avec l'âge avancé du réacteur [de Chalk River], on va assister de plus en plus fréquemment à des pannes imprévues de ce réacteur, donc la fiabilité de la production de ces radio-isotopes va aller en descendant ».

La pénurie se fait sentir

Pendant ce temps, l'arrêt temporaire du réacteur nucléaire commence à se faire sentir dans les hôpitaux québécois. Des centaines d'examens en médecine nucléaire pourraient être annulés en raison de la pénurie d'isotopes médicaux.

Chaque semaine, quelque 30 000 Canadiens subissent des examens qui nécessitent des isotopes radioactifs provenant de Chalk River afin de diagnostiquer des fractures, des problèmes cardiaques et des cancers.

Mercredi, l'Hôpital Sainte-Justine, à Montréal, avait 20 % d'isotopes en moins, et on s'attend à ce que la proportion augmente à 25 % jeudi et à 30 % vendredi.

Comme la durée de vie de ces isotopes ne dépasse pas 24 heures, il est impossible d'en garder en réserve. Les équipes médicales tenteront donc de maximiser l'usage des isotopes radioactifs en réaménageant les horaires de travail du personnel.

Par ailleurs, le plan de contingence de Québec, obtenu par Radio-Canada, prévoit entre autres le recours à d'autres tests diagnostiques.

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, assure qu'il donnera la priorité aux cas urgents. Par exemple, pour la « détection des métastases osseuses, des examens qui nécessitent une question de vie ou de mort, on devrait avoir les isotopes disponibles », a déclaré le ministre lors de la période des questions, mercredi.

Ses propos n'ont toutefois pas rassuré le Dr François Lamoureux, président de l'Association des médecins spécialistes en médecine nucléaire du Québec. « C'est une catastrophe pour les malades. On doit diminuer de façon importante l'accès à des examens essentiels », déplore-t-il.

Les isotopes médicaux

- Les isotopes radioactifs peuvent être injectés dans l'organisme d'un patient, et l'énergie qu'ils émettent peut être recueillie sur un film. L'image qui en résulte constitue un outil de diagnostic important.
-Les rayons gamma provenant d'une source radioactive peuvent être dirigés sur une tumeur et détruire les cellules cancéreuses.
- Des isotopes radioactifs peuvent être fabriqués et inclus dans des médicaments. Une fois injecté dans un patient, le médicament s'accumule dans une certaine partie du corps, comme une tumeur. Lorsque les isotopes se désintègrent, ils libèrent de l'énergie et celle-ci détruit la tumeur. (Source: Énergie atomique Canada)

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