Protection du français
Plaidoyer pour la défense de la langue
Mise à jour le mardi 26 mai 2009 à 10 h 44
Exclusif
Le président du Conseil supérieur de la langue française, Conrad Ouellon, estime que les Québécois ne sont pas assez fiers de leur langue et qu'ils ne la défendent pas suffisamment.
En entrevue exclusive à la radio de Radio-Canada, Conrad Ouellon a aussi souhaité que les immigrants soient mieux informés des valeurs et traditions québécoises.
Le Conseil de la langue française estime que le français est un outil de cohésion sociale et que pour permettre aux immigrants de bien s'intégrer à la société québécoise, il faut un enseignement rigoureux du français et des valeurs québécoises.
Par conséquent, l'interdiction du port du voile dans l'administration publique va de soi, selon M. Ouellon.
« Dans les institutions publiques, je pense que ça doit être laïque, il ne doit pas y avoir de signes religieux. »
M. Ouellon s'oppose ainsi au gouvernement Charest, qu'il appuie toutefois dans son refus de légiférer à nouveau pour la protection du français, comme le réclame le Parti québécois.
Il estime que la contrainte n'est plus de mise, même si le tiers des immigrants sont imperméables aux mesures de francisation. Pour les intégrer, les Québécois doivent se faire respecter, selon M. Ouellon.
Si les Québécois parlent anglais dès qu'un anglophone se joint à un groupe de francophones, et s'ils n'exigent pas d'être servis dans la langue de Molière, dit M. Ouellon les Québécois francophones deviennent « en grande partie » responsables de leur sort.
L'an dernier, le Conseil proposait un virage majeur avec le regroupement des services de francisation et d'intégration dans les écoles pour permettre aux parents, souvent isolés, d'entrer en contact avec le français. Le gouvernement a refusé, mais M. Ouellon continue d'espérer.
D'après un reportage de Marie-Andrée Brassard