Mohamed Kohail accuse Ottawa

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Mohamed-Kohail Mohamed Kohail (archives)   © PC/HO

Mohamed Kohail, un jeune Montréalais condamné à la décapitation en Arabie saoudite, affirme que le gouvernement canadien sait qu'il a été torturé, malgré ce qu'il en dit.

Le jeune Montréalais, condamné à la décapitation, soutient que le gouvernement canadien sait qu'il a été torturé, malgré les affirmations contraires.

Dans une lettre transmise au député de Calgary Deepak Obhrai, qui a rendu visite au condamné en prison en décembre dernier, Mohamed Kohail raconte comment il a été torturé.

Le député Obhrai, secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a confirmé avoir reçu la missive en question. Il n'a cependant pas voulu faire de commentaire quant à son contenu et a nié être au courant des allégations de mauvais traitements. M. Obhrai avait déjà précisé que le jeune Kohail ne s'était pas plaint de torture au moment de leur rencontre, qui s'est déroulée sans la présence de représentants saoudiens.

Le porte-parole de Mohamed Kohail, Mahmoud Al-Ken, a déclaré être étonné et déçu des propos tenus par M. Obhrai.

La semaine dernière, le député libéral ontarien Dan McTeague, impliqué dans le dossier, a accusé le gouvernement conservateur de Stephen Harper d'avoir caché les allégations de torture.

Mohamed Kohail a été reconnu coupable, ainsi qu'un ami jordanien, Muhanna Ezzat, du meurtre de Munzer Al-Hiraki lors d'une bagarre survenue à la sortie de l'école à Djedda, en janvier 2007.

Le frère de Mohamed, Sultan, était aussi impliqué dans cette bagarre. Le jeune homme de 18 ans a été condamné, à titre de complice, à un an de détention et à 200 coups de fouet. Sa famille a porté le jugement en appel, ce qui pourrait entraîner un nouveau procès.

Depuis les événements, les deux frères n'ont cessé de clamer leur innocence, affirmant que le système judiciaire saoudien ne leur a pas assuré un procès équitable. Ils ont soutenu qu'ils avaient agi en légitime défense et qu'ils n'avaient pas infligé les blessures fatales durant la bagarre, à laquelle ont été mêlés des dizaines d'adolescents.

Le Conseil judiciaire suprême d'Arabie saoudite étudie présentement la décision d'une instance inférieure qui maintenait la condamnation à mort de Mohamed Kohail.

Depuis l'abolition de la peine de mort au Canada, en 1976, le gouvernement canadien avait pour tradition de demander systématiquement aux pays concernés la commutation de toute peine capitale en emprisonnement à perpétuité. Le gouvernement Harper a toutefois abandonné cette pratique, comme dans le cas de Ronald Allen Smith condamné à mort aux États-Unis, en 2007.