À court dès mercredi

Les installations de Chalk River, en Ontario Les installations de Chalk River, en Ontario. (archives)   © PC/Fred Chartrand

Les hôpitaux seront à court d'isotopes médicaux à partir de mercredi prochain. C'est la conséquence directe de la fermeture temporaire du réacteur nucléaire de Chalk River pour rénovations. La période d'arrêt est d'au moins un mois, mais le milieu médical craint que cela ne prenne beaucoup plus de temps.

Les hôpitaux du Canada vont manquer d'isotopes à compter de mercredi, en raison de la fermeture de la centrale nucléaire de Chalk River, en Ontario.

Utilisation parcimonieuse

Dans l'édition du journal Le Devoir des 23 et 24 mai, le directeur général de l'association des fournisseurs d'imagerie et d'équipement médicaux, Jean-Pierre Cabocel, indique qu'il est possible de rentabiliser davantage l'usage qui est fait des isotopes radioactifs.

Le molybdène, à partir duquel est obtenu l'isotope technétium 99, a une efficacité qui diminue de moitié toutes les 66 heures. Selon M.Cabocel, il faudrait enchaîner les rendez-vous de patients pour une imagerie médicale afin de tirer le meilleur profit du produit.

Même son de cloche chez le Dr Jean-Paul Soucy, de l'Institut neurologique de Montréal, où les équipes s'efforcent de maximiser l'utilisation des derniers isotopes avant la pénurie appréhendée.

« C'est tout à fait possible de réduire la dose injectée à chaque malade pour faire plus d'examens en allongeant le temps des examens. [...] Mais au total, on va probablement être obligés d'annuler quelque chose comme 50 % à 60 % des examens qu'on devrait normalement faire toutes les semaines. » — Jean-Paul Soucy
L'offre d'ArevaLe groupe français Areva a offert son aide au gouvernement fédéral pour faire face à la fermeture du réacteur de Chalk River.

L'entreprise a écrit aux ministres des Ressources naturelles, Lisa Raitt, et de la Santé, Leona Aglukkaq pour leur proposer son aide à trouver des réacteurs européens pour fabriquer des isotopes radioactifs utilisés en médecine nucléaire.

Areva a indiqué aux deux ministres que ses ingénieurs pouvaient aider Énergie atomique du Canada à réparer son réacteur de Chalk River, construit il y a 52 ans.

Recours collectif envisagé au Québec

Le Conseil pour la protection des malades songe à intenter un recours collectif contre le gouvernement Harper. Il tient Ottawa pour responsable de la crise provoquée par la pénurie d'isotopes radioactifs au pays.

30 000 Canadiens par semaine passent des examens qui nécessitent l'utilisation d'isotopes médicaux.

Le réacteur de Chalk River, vieux de 50 ans, produit près de 40 % de l'ensemble des isotopes dans le monde et plus de la moitié des isotopes de type technétium 99, ce qui fait du Canada un chef de file dans le domaine.

Les isotopes médicaux - Les isotopes radioactifs peuvent être injectés dans l'organisme d'un patient et l'énergie qu'ils émettent peut être recueillie sur un film. L'image qui en résulte constitue un outil de diagnostic important.
-Les rayons gamma provenant d'une source radioactive peuvent être dirigés sur une tumeur et détruire les cellules cancéreuses.
- Des isotopes radioactifs peuvent être fabriqués et inclus dans des médicaments. Une fois injecté dans un patient, le médicament s'accumule dans une certaine partie du corps, comme une tumeur. Lorsque les isotopes se désintègrent, ils libèrent de l'énergie et celle-ci détruit la tumeur. (Source: Énergie atomique Canada)