Ottawa saisit Pékin

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, lors de la période des questions à la Chambre des communes. Le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, lors de la période des questions à la Chambre des communes.   © PC/Sean Kilpatrick

Les autorités canadiennes demandent des explications au gouvernement chinois, après sa décision de suspendre l'importation de porcs de l'Alberta. Pendant ce temps, des étudiants québécois sont placés en isolement en Chine, même s'ils ne présentent aucun symptôme de grippe.

La suspension par la Chine de ses importations de porcs et de produits de porc de l'Alberta a fait réagir Ottawa, qui a demandé des explications à Pékin.

Interrogé lundi à ce sujet lors de la période des questions à la Chambre des communes, le ministre de l'Agriculture, Gerry Ritz, a indiqué avoir lui-même téléphoné à des responsables chinois, tout comme son collègue du Commerce international, Stockwell Day.

Il a cependant ajouté que « la Chine fonctionne hors de la science » et que la bataille n'était pas terminée. Selon M. Ritz, le Canada pourrait porter plainte devant l'Organisation mondiale du commerce, si la Chine ne lève pas son embargo.

La Chine a décidé de cesser ses importations de porcs de l'Alberta après l'apparition, en fin de semaine, de cas de grippe A dans un élevage de la province.

Dimanche, Gerry Ritz a indiqué que les autorités surveillaient de près le cheptel porcin, et que le Canada s'engageait à être pleinement transparent dans ce dossier.

Il a fait part de son entretien avec le secrétaire américain de l'Agriculture, Tom Vilsack, pour l'informer de la situation. Ce dernier l'a assuré que les producteurs de porcs canadiens continueraient d'avoir accès au marché américain.

Des étudiants québécois en quarantaine

Les 25 étudiants allaient apprendre le mandarin. Les 25 étudiants allaient apprendre le mandarin.   © fournie par un stagiaire

Par ailleurs, des étudiants québécois qui sont allés apprendre le mandarin dans la province de Jilin, dans le nord-est de la Chine, ont été placés en quarantaine par les autorités provinciales, soucieuses d'éviter la propagation de la grippe A (H1N1) dans leur région.

Selon un étudiant joint au téléphone par Radio-Canada, Martin Leroy-Deslauriers, les étudiants ont été interceptés à leur arrivée dans la capitale de Jilin, Changchun. Ils ont été amenés dans une salle de l'aéroport, où la température de chacun a été prise.

M. Leroy-Deslauriers explique que, même si personne ne faisait de la fièvre ou ne présentait des symptômes suspects, les autorités les ont placés dans une résidence universitaire, puis dans un hôtel particulier, d'où ils ne peuvent sortir pendant une période de sept jours. Ils sont bien traités, soutient-il, et leur température est prise régulièrement.

Selon M. Leroy-Deslauriers, personne n'avait pourtant vérifié s'ils faisaient de la fièvre à leur arrivée dans la capitale Pékin. Leur mise en quarantaine serait plutôt attribuable à une loi provinciale. Qui plus est, soutient l'étudiant québécois, le personnel de l'hôtel où ils sont logés ne serait pas confiné dans l'établissement.

Les étudiants québécois ne sont pas les seuls à connaître ce sort. Plus de 70 touristes mexicains ont aussi été mis en quarantaine en Chine. Cette décision soulève l'ire de Mexico, qui considère ces mesures comme injustifiées. Le gouvernement mexicain a d'ailleurs annoncé qu'il envoyait un avion à Pékin pour rapatrier ses citoyens.